Incendie de la tour Grenfell: ce que l’on sait

L’incendie qui a ravagé dans la nuit de mardi à mercredi la tour Grenfell, un immeuble de logements sociaux de 24 étages à Londres, a fait au moins 30 morts et 78 blessés, dont 12 dans un état critique, et de nombreux disparus.

Alors que la polémique enfle sur la gestion de l’immeuble, voici ce que l’on sait sur le sinistre:

– Les faits :   Les pompiers ont été alertés à 00h54 mercredi qu’un incendie touchait une tour d’habitation dans le quartier de Kensington, dans l’ouest de Londres, et sont arrivés sur place six minutes plus tard.

Plus de 40 camions de pompiers et 200 soldats du feu ont été mobilisés pour tenter d’éteindre les flammes, qui se sont propagées très rapidement et ont ravagé l’immeuble du deuxième jusqu’au dernier étage. Le feu a finalement été maitrisé jeudi à 01h14, soit plus de 24 heures après le début de l’incendie. La police a annoncé vendredi qu’il était complètement éteint. « En 29 années de carrière chez les sapeurs-pompiers, je n’avais jamais rien vu de cette ampleur », a déclaré Dany Cotton, la cheffe des pompiers de Londres.

Les équipes spécialisées des sapeurs-pompiers ont exclu le risque d’effondrement de la tour. Une trentaine d’agents spécialisés ont été déployés vendredi pour sécuriser l’immeuble et permettre aux secours de progresser dans les étages, à la recherche des disparus. Les causes de l’incendie ne sont pas encore connues et le gouvernent a ordonné l’ouverture d’une enquête publique pour faire la lumière sur le drame.

La presse britannique évoque l’explosion d’un frigo dans un appartement du quatrième étage.

– Les victimes : La police a annoncé que l’incendie a fait au moins 30 morts et 78 blessés, dont 12 étaient dans un état critique vendredi.

Mohammed Alhajali, un réfugié syrien âgé de 23 ans, et la photographe Khadija Saye, 24 ans, sont les deux premières victimes nommées. Danny Cotton a déclaré jeudi qu’un « nombre indéterminé » de victimes se trouvaient toujours à l’intérieur de l’immeuble, et que les recherches prendraient « des semaines ». Il a précisé que dans certains cas, l’identification pourrait être « impossible ». « Retrouver des survivants tiendrait du miracle », a souligné la cheffe des pompiers Dany Cotton. Un vaste élan de solidarité a permis de collecter plus de 2,5 millions de livres (2,86 millions d’euros) en faveur des rescapés, qui ont passé deux nuits dans des structures temporaires établies dans les locaux des associations locales. La Première ministre Theresa May a promis qu’ils seraient « relogés dans Londres aussi rapidement que possible ».

– L’immeuble :  La tour Grenfell a été construite en 1974. Elle est située dans le quartier de North Kensigton, dans l’ouest de la capitale, et compte 120 logements répartis sur 24 étages. L’immeuble est la propriété de la mairie locale de Kensington et Chelsea. Il est géré par la Kensington and Chelsea Tenant Management Organisation (KCTMO), l’organisme public qui administre le parc de logements sociaux pour la municipalité de ce quartier londonien. Une opération de rénovation, d’un montant de 8,6 millions de livres (9,8 millions d’euros) s’était achevée en mai 2016. L’entreprise Rydon, chargée des travaux, a assuré que la rénovation « a passé tous les contrôles obligatoires en matière de normes incendie et de règles de sécurité ».

Pour le Dr Angus Law, spécialiste de la question à l’université d’Edimbourg, il semblerait que « la nature du revêtement extérieur soit grandement responsable de la rapidité avec lequel le feu s’est propagé ».

Sur un blog (grenfellactiongroup.wordpress.com), un collectif de résidents pointait depuis plusieurs années les carences du système d’information et de protection de l’immeuble en cas d’incendie.

En novembre 2016, il affirmait que « seule une catastrophe pourrait mettre au jour l’incompétence du propriétaire et mettre fin aux négligences observées quant aux règles de sécurité ». « Tous nos avertissements sont tombés dans l’oreille d’un sourd alors qu’une catastrophe comme celle-ci était inévitable », a commenté le collectif après le drame. Le KCTMO a reconnu « être au courant des préoccupations soulevées de longue date par des résidents ». « Il est trop tôt pour spéculer sur les causes de l’incendie », a-t-il ajouté.