Il est temps de créer une école de médecine au Luxembourg, réclament les étudiants

Photo: archives Editpress

L’Association Luxembourgeoise des Étudiants en Médecine (ALEM) a interpellé le ministre de la Santé au sujet des conditions d’accès aux études Belgique et en Autriche.

En Belgique, un nouveau projet de décret prévoit un examen d’entrée après la première année d’études en médecine à partir de l’année académique 2015-2016. Les étudiants de l’Université du Luxembourg sont directement concernés et ce, dès à présent, puisque  les 15 places qui leur étaient jusque-là réservées: 5 à l’Université Libre de Bruxelles, 5 à l’Université Catholique de Louvain et 5 à l’Université de Liège ne sont plus garanties.

Depuis 2012 et  l’instauration du système des quotas (30% d’étudiants étrangers), l’ALEM observe la situation avec la plus grande attention. « Heureusement » note l’association, « les universités mentionnées ont accepté tous les étudiants sortant de l’Université du Luxembourg jusqu’à l’année passée ». Un couac a pourtant eu lieu à la rentrée académique 2014-2015, où deux étudiantes se sont vues rejetées par l’Université de Liège. Le quota d’étudiants étrangers avait dépassé les 30% et un tirage au sort a été organisé parmi les candidats. Il a fallu toute la persuasion du doyen de la faculté, le Professeur Paul Heuschling et du Directeur d’études du bachelor en médecine, le Professeur Jean-Luc Bueb, pour permettre à ces deux étudiantes de poursuivre leurs études, raconte l’ALEM dans son courrier à la ministre de la Santé.

Le projet de décret belge, voté par le parlement de la Communauté Française en date du 8 juillet 2015, prévoit l’organisation d’un concours à la fin de la première année en médecine « et rend ainsi impossible l’intégration des étudiants de l’Université du Luxembourg en deuxième année ». Avant même son application, ça coince pour ceux qui ont déjà effectué leur première année de médecine à Luxembourg: il semblerait que la valorisation de leurs crédits d’études pose problème et qu’ils soient obligés de recommencer en première année.

La fin des la discrimination positive

Un problème similaire se pose en Autriche, où la procédure d’admission aux universités de médecine, qui existe depuis 2006 et qui est favorable aux étudiants luxembourgeois, expirera pour l’année d’études 2016-2017.

Le Gouvernement autrichien négocie encore avec l’Union européenne  en vue d’une autorisation exceptionnelle pour prolonger l’ancienne procédure d’admission, qui contrevient à l’égalité de traitement entre les ressortissants de l’UE. Le système des quotas a été introduit par le gouvernement autrichien en 2006 pour combattre la vague des étudiants étrangers (65% des candidats), provenant principalement d’Allemagne, note l’ALEM. 75% des places sont réservées aux étudiants autrichiens, 20% aux étudiants en provenance de l’Union européenne et 5%  aux étudiants hors de l’Union européenne. Dans ce calcul, les Luxembourgeois, comme les ressortissants du Liechtenstein et du Tyrol du Sud, sont assimilés aux Autrichiens.

Mais il existe un deuxième obstacle pour les futurs étudiants en médecine en Autriche. Comme les dates des examens d’ajournement luxembourgeois sont fixées à la mi-septembre, les étudiants qui ont un (ou plusieurs) examen(s) d’ajournement ont des problèmes lors de leur inscription en Autriche, où la date limite est fixée au 15 septembre. Un consul honoraire est déjà intervenu en 2014 pour débloquer l’affaire.

Organiser les examens d’ajournement plus tôt

L’Université d’Innsbruck a montré sa bonne volonté en proposant une inscription provisoire d’un mois, sous condition que le gouvernement luxembourgeois garantisse la publication des résultats des examens d’ajournement avant le 24 septembre. Ledit gouvernement « n’a ni réagi à cette proposition, ni proposé une alternative » déplore l’ALEM. Un problème d’autant plus grave qu’à cause du numerus clausus en Allemagne, « l’Autriche est un dernier bastion pour les étudiants luxembourgeois dans la région germanophone ».

Les étudiants en médecine espèrent bien sûr le soutien de la ministre pour continuer à garantir l’accès des Luxembourgeois aux universités étrangères. Mais leur missive se veut aussi un plaidoyer pour la création d’un cursus en médecine complet au Luxembourg.  » La question de l’introduction de la Luxembourg Medical School (LMS) devrait être considérée particulièrement sous l’angle de ces problématiques. Toujours espérant que nos pays voisins couvrent notre besoin en nouveaux médecins, le Grand-Duché pourrait se voir face à un manque accru de médecins » préviennent-ils.

LH