Houles

Marie-Anne Lorgé / «La houle se faisait vague, les vagues se faisaient montagnes». La phrase n’est pas un direct recueilli aux Antilles ou en Floride mais date de 1868, puisée dans l’encrier d’Alexandre Dumas.

Et donc, oui, il y a des jours de tempête. Des tempêtes dans la vie humaine. Essuyées du fond d’un canapé, le temps que ça passe. D’ailleurs, c’est du même canapé que le quidam télévisuel suit la trajectoire d’une folle furieuse, appelée Irma, dont la dévastation enfle d’heure en heure. C’est même ce crescendo qui tient le quidam en haleine, qui, du coup, se console des crachins de son monde minuscule. D’où, en prime, il ne peut/veut s’échapper, ce qui rassure son impuissance à changer quoi que ce soit.

Et voilà le quidam rivé à son écran comme devant un thriller à épisodes. Dont le dénouement n’est finalement pas à la hauteur de sa soif d’apocalypse par procuration, la meurtrière Irma se levant le matin KO debout, rétrogradée en phénomène tropical, comme s’il s’agissait d’un soldat qui aurait mal fait son boulot. Par contagion, José et Katia battent en retraite. Séismes et inondations aussi.

Le spectacle cathodique ne s’avoue pas vaincu. Il se déplace du terrain au col blanc. Par analogie, entre faille climato-géologique et politique. Entre le ciel et l’homme. Comme si la fin de l’histoire n’était pas connue.