Histoire d’un aller-retour

C’est à un symbole des dérives de l’Union européenne que s’attaque Emmanuel Macron: le statut des travailleurs détachés. Un symbole de dérégulation dans l’opinion publique sur lequel capitalisent les eurosceptiques. Tandis qu’il est accusé à l’ouest d’être une source de dumping social, ses détracteurs sont accusés à l’est de jouer la carte du protectionnisme. Avec, à la clé, un blocage politique pour toute réforme.

Le président français, qui veut réformer non seulement la France mais aussi l’Union européenne, va aller chercher des soutiens en Autriche, Roumanie et Bulgarie avant le mini-sommet européen de Paris du 28 août dont l’ordre du jour est la réforme de la directive sur le travail détaché de 1996. C’est un véritable test pour Emmanuel Macron, qui a fait de la réforme de l’UE l’un de ses chevaux de bataille. Car la réforme du texte de 1996 n’est que le premier pas vers l’«Europe qui protège» qu’il appelle de ses vœux. Le président français milite également pour un renforcement des outils anti-dumping, pour un «Buy European Act», qui permettrait de réserver l’accès des marchés publics européens aux entreprises qui localisent au moins la moitié de leur production en Europe, et pour l’instauration d’un budget et d’un ministre des Finances de la zone euro. Un autre point inscrit à l’ordre du jour de la réunion du 28 août.

Le président français va devoir prouver qu’il est capable de fédérer autour de lui une majorité de pays pour que l’UE dépasse l’enlisement du Brexit et de l’euroscepticisme. Vaste ambition.

Marc Fassone