Hibernation

8_0008_159_v0_PORTRAIT_Marie_Anne_Lorg_Marie-Anne Lorge / Voici le décor. En mode marmotte – celle-là qui n’a pas à gratter le pare-brise de sa voiture chaque matin de gel.

Sans tomber dans le piège – pathologique et politique de la léthargie –, il n’y a pas de mal à se faire du bien, à se pelotonner sur le canapé, les pieds chaussés de laine, la tête engourdie par l’odeur de bois brûlé mélangé à l’arôme du café brûlant. Ça vaut pour les frileux, et les autres, qui sont «à bout de souffle mais pas au bout de leurs peines» (Pierre Dac).

Bref, le bouton est sur veille. Tout est lent, silencieux, le chat s’étire, vous aussi. Dans cet accès de candeur, le cynisme fond comme un sucre. Même plus peur. Ni de tout ni de tout le monde.

Drapeau blanc. On s’absente – et «le combat cessa faute de combattants» (Rodrigue dans Le Cid). Trêve des confiseurs. «Recausons un peu… pas d’argent» (dixit Verlaine). Parce qu’il va bien falloir – pastichant ainsi l’écrivain Alexandre Jardin – «que la joie redevienne un mot français».