Hëllef Doheem sauvée

Photo: ALAIN RISCHARD/EDITPRESS

Le soulagement est palpable ce mercredi 17 juin, à l’issue d’une réunion entre le gouvernement, les dirigeants de Hëllef Doheem et les syndicats: «C’est la première fois que les dirigeants de la fondation se disent prêts à éviter les licenciements», explique Nora Back, la secrétaire centrale du syndicat santé de l’OGB-L. Le plan social est gelé et les mesures de maintien dans l’emploi s’appliqueront.
Le gouvernement a aussi mis des propositions sur la table pour venir à bout du péril financier qui guette la fondation: de l’argent supplémentaire pour les prestataires couvrant tout le territoire et une aide pour financier le logiciel de gestion responsable du déficit de 3,2 millions d’euros de Hëllef Doheem.

« On verra le 26 »

«J’ai senti la volonté de toutes les parties de préserver les emplois. Il y aura une réunion le 26 juin pour savoir si tout le monde y met du sien», déclare le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider, pour lequel il n’y a pas encore de victoire: «J’ai appris en politique à faire un pas après l’autre. On verra le 26.»
La crise commence le vendredi 29 mai. La fondation annonce un plan social concernant 90 emplois. Les syndicats montent au créneau et demandent un plan de maintien dans l’emploi. La direction reste inflexible. Le secteur des aides et soins a une importance cruciale. C’est avec la loi sur l’assurance dépendance entrée en vigueur en 1999 que l’Etat décide de signer une convention avec les prestataires – à l’époque il ne s’agit que de Hëllef Doheem, Help ayant été créée plus tard – qui prennent dès lors de l’ampleur.
Nicole Kerschen, chercheuse au CNRS à Paris, avait participé dès 1989 à l’élaboration du texte: «La volonté politique était clairement de booster le secteur pour créer de l’emploi», explique-t-elle. Etaient visées des personnes avec peu de qualifications. Pas étonnant dès lors que trois ministres (Famille, Sécurité sociale et Travail) essaient de résoudre le problème.

Si tous les acteurs sont soulagés, l’OGB-L demande des restructurations à la tête de Hëllef Doheem: «Nous suivons la voie qui a été retenue aujourd’hui (NDLR: 17 juin), mais il faut qu’il y ait des conséquences au niveau de l’administration centrale.» En ce qui concerne le financement des mesures gouvernementales, il faut attendre le verdict de la CNS et s’attendre à ce qu’elles passent par le conseil de gouvernement. Romain Schneider laisse entendre qu’elles pourraient être intégrées dans la nouvelle loi sur l’assurance dépendance.

Maurice Magar

Lire dans Le Jeudi à paraître le 18 juin notre enquête consacrée à « L’épilogue d’une crise » avec un retour sur les chiffres de la discorde, la réforme en cours de l’assurance dépendance, le témoignage du terrain et le logiciel qui a précipité les problèmes financiers.

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