Hellëf Doheem: Où en est la réforme de l’assurance-dépendance?

Dès l’annonce de l’imminence d’un plan social à la Stëftung Hellëf Doheem, vendredi passé, l’ OGB-L dénonçait « le prétexte d’une situation financière difficile, mais tout a à fait opaque et pour laquelle il manquait tout document ».

Le syndicat indépendant craint derrière cette annonce une nouvelle attaque contre les salaires du secteur aides et soins, liés à la fonction publique et qui bénéficient donc de l’augmentation votée en mars à la Chambre.

Une première entrevue a eu lieu ce matin antre  la direction et la délégation du personnel. Une deuxième est prévue vendredi. Pour donner du poids à ses revendications – aucune suppression de poste – l’OGB-L organise, ce jeudi 4 juin, une réunion de protestation à 18.00h à la Maison du peuple à Esch-sur-Alzette.

Secteur en crise

Le CSV s’intéresse aussi au dossier. Le président Marc Spautz y va de sa question parlementaire au ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider. L’ancien syndicaliste demande si le conseil de gouvernement entend déclarer le secteur des soins en crise, comme le prévoit le code du travail. Rappelons que dans son annonce, la Hellëf Doheem mettait en avant des difficultés financières dans tout le secteur.

Spautz aimerait aussi qu’on discute d’un plan de maintien dans l’emploi avant de préparer un plan social et s’inquiète de la situation des autres prestataires.

Pour toucher le cœur du problème, il s’enquiert surtout de l’état d’avancement de la réforme de l’assurance dépendance.

Le programme gouvernemental prévoit en effet une réforme structurelle de l’assurance dépendance « permettant la maîtrise globale de l’évolution des dépenses et des prestations, tout en assurant la qualité des soins fournis ». Un débat de consultation a eu lieu à la Chambre des députés le 8 juillet 2014 et les négociations se sont poursuivies avec les acteurs du secteur. La mise en vigueur de la réforme était annoncée pour début 2016.

Le maillon principal devrait en être la révision de la procédure d’évaluation des aides et soins requis par les personnes dépendantes. Un regroupement des actes et une forfaitisation de la prise en charge sont envisagés, calculés d’après un modèle par classes de dépendance. La facturation à l’acte serait abandonnée, car jugée trop complexe et peu efficiente.

L’annonce du plan social – mettant 90 postes en jeu – de la Stëftung Hellëf Doheem s’inscrit aussi dans ce contexte.

Laurence Harf

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