Grosso modo / coup de cœur

Voilà que la Saint-Nicolas nous offre un nouveau gouvernement et quelques petites surprises. Car si, grosso modo, on prend les mêmes et on recommence, il y a pourtant quelques nouveaux visages qu’on n’attendait pas nécessairement au sein de l’exécutif du côté des dames. Et si on avait pu croire, par les temps qui courent et selon certaines promesses, à un gouvernement aminci quant à sa taille, il n’en est rien. Pour ménager la chèvre et le chou, tous ses membres – pourtant un de moins qu’auparavant – accèdent au rang de ministre et on se paie le luxe de deux vice-Premiers!

Soit dit en passant, je n’y vois pas d’inconvénient, si cela a pu faciliter l’entente cordiale entre les partenaires.

Dès que les médias ont levé le voile sur ce qu’on avait réussi jusque-là à garder secret, les commentaires sont allés bon train. Et beaucoup étaient d’une rare bêtise, voire d’une grande méchanceté. C’est que les idiots sont si sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes! On voit bien là à quel point une bonne partie de la population est frustrée et malveillante et croit pouvoir ou devoir se mêler de choses auxquelles elle ne comprend pas grand-chose. Par exemple qu’on n’a pas besoin d’être candidat aux élections pour être nommé ministre. Il en fut ainsi de tous les temps et souvent, ceux qui sont entrés en politique par ce biais, ont connu ensuite, grâce à leurs compétences, leur savoir-faire, leur sens politique et leur jovialité, un grand succès populaire.

Ce qui m’irrite pourtant le plus, en constatant les réactions souvent invraisemblables du public, c’est que ceux qui s’acharnent sans pitié et avec une rare véhémence sont souvent ceux qui ont à redire à tout et seraient complètement incapables d’assumer ce qui attend, comme tâches et responsabilités, les membres du nouveau gouvernement. Mais cela permet quand-même de se rendre compte une fois de plus de la manière dont fonctionne une appréciable partie de la population qui, chaque matin, semble se lever du pied gauche et décider dès le saut du lit que rien ne va plus.

Quoi qu’il en soit, le nouveau gouvernement n’aura pas la tâche facile et, après la trêve des fêtes de fin d’année, devra démarrer sur les chapeaux de roues, en acceptant de la vie politique ses servitudes, ses responsabilités, ses risques et parfois ses salissures. Je serais, dans un premier temps, déjà plus que satisfait s’il parvenait d’un coup de baguette magique à résoudre les assommants problèmes de mobilité qui gâchent chaque jour davantage la vie de tant de gens.

Pierre Dillenburg