Gibraltar: « Restez-calmes » dit le négociateur du Brexit aux Britanniques

« Restez calmes et négociez », a recommandé mardi au gouvernement britannique le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, le Français Michel Barnier, concernant les tensions suscitées par le sort de l’enclave britannique de Gibraltar.

« Keep calm and negotiate », a-t-il répondu à Luxembourg, en anglais, à des journalistes qui lui demandaient quel message il voulait adresser au Royaume-Uni sur ce dossier à l’origine d’échanges tendus entre Londres et Madrid.

Cette formule est une allusion au slogan « Keep calm and carry on » (« Restez calmes et tenez bon ») imaginé au début de la Seconde Guerre mondiale par le gouvernement britannique pour son opinion publique.

M. Barnier se trouvait à Luxembourg dans le cadre de ses visites dans les pays de l’UE pour préparer les négociations du Brexit, qu’il mènera avec son équipe sous le mandat des 27 pays restant dans l’Union.

Les préparatifs de ces négociations ont été marqués ces derniers jours par une polémique au sujet du sort de Gibraltar, petit territoire à l’extrémité sud de l’Espagne, comptant 32.000 habitants, qui avait été cédé au Royaume-Uni par traité en 1713.

Dans un projet d' »orientations de négociation » des 27 dévoilé vendredi, mais pas encore adopté par l’UE, il est prévu, qu’après le Brexit, « aucun accord entre l’UE et le Royaume-Uni ne pourra s’appliquer au territoire de Gibraltar sans un accord entre le Royaume d’Espagne et le Royaume-Uni ». Le chef du gouvernement de Gibraltar a dénoncé une « machination prévisible de l’Espagne » qui « cherche à manipuler le Conseil européen pour poursuivre ses propres intérêts politiques mesquins ».

La Première ministre britannique Theresa May a affirmé de son côté que Londres ne céderait « jamais » la souveraineté sur Gibraltar sans l’accord de la population de ce territoire. Au Royaume-Uni, un ex-leader conservateur britannique, Michael Howard, est allé jusqu’à comparer la querelle hispano-britannique sur Gibraltar à la guerre des Malouines contre l’Argentine. « Juridiquement, Gibraltar sort de l’Union en même temps que le Royaume-Uni, voilà ce que je peux dire », a dit mardi M. Barnier, interrogé sur le sort de la souveraineté de Gibraltar après le Brexit. « Nous serons prêts à commencer effectivement cette négociation (sur les modalités de la sortie du Royaume-Uni de l’Union) à la fin du mois de mai », a précisé M. Barnier.

afp