France/Sur France 2, Hamon regrette que le débat ait laissé place à des « monologues »

Le candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon a regretté jeudi que le « débat démocratique » ait laissé la place à des « monologues » dans l’émission « Quinze minutes pour convaincre » sur France 2, fustigeant ces candidats qui « veulent choisir leurs journalistes, choisir les questions (qu’on leur) pose ».

Interrogé sur le fait de savoir s’il avait un regret dans la campagne, M. Hamon a dit regretter « qu’aujourd’hui se succèdent des monologues et pas un débat démocratique ». « Nous aurions pu avoir un débat démocratique. Nous sommes à une époque où le spectacle a tellement pris le dessus sur la démocratie qu’on a des candidats qui veulent choisir leurs journalistes, choisir les questions que l’on pose, se soustraire au débat démocratique », a fustigé M. Hamon. « Moi je dis une chose très simple, ça c’est la Russie comme modèle, ce n’est pas mon modèle et, au fond, ceux qui veulent accommoder la démocratie c’est qu’ils n’aiment pas assez la démocratie », a poursuivi M. Hamon.

Après le débat à onze candidats organisé sur les chaînes d’information le 4 avril, plusieurs candidats ont refusé de renouveler l’expérience à l’occasion de l’émission politique programmée sur France 2 ce jeudi, trois jours avant le premier tour de la présidentielle.

La chaîne leur a donc proposé en remplacement des entretiens individuels de quinze minutes.

L’attaque de M. Hamon peut aussi se lire comme une critique de François Fillon, qui a refusé une interview au Monde car il ne souhaitait « pas avoir à répondre à des questions portant sur les affaires pour lesquelles il a été mis en examen », selon le quotidien du soir. M. Hamon avait entamé son propos en déplorant que l’on n’ait « pas tellement parlé (des) projets et (des) programmes » au cours de la campagne, « parce que les affaires, l’argent, sont venus polluer l’élection, et (que) finalement le spectacle a pris le dessus sur les programmes, les idées et les projets ». Brandissant une carte vitale, M. Hamon a estimé que cette carte devait pousser les électeurs « à faire un choix, (…), non pas en fonction justement du spectacle auquel nous avons assisté, des discours très bien marketés » tenus par les uns ou les autres, mais au regard du « fond », de « ce qui se passera pour leurs enfants et pour eux-mêmes ». « Cette élection présidentielle, elle ne nous amène pas à choisir le meilleur acteur, elle nous amène à choisir le meilleur président », a-t-il souligné. Nicolas Dupont-Aignan et Philippe Poutou ont aussi regretté que les « grands candidats » aient refusé l’organisation d’un nouveau débat.

afp