France/Quelques milliers de lycéens dans les rues à Paris

« Macron, démission ! »: quelques milliers de lycéens ont défilé vendredi à Paris, premier cortège dans la capitale depuis la reprise de leur mobilisation en début de semaine dans la foulée des « gilets jaunes ».

« C’est pas sa démission qu’il faut, c’est la révolution », lance Jeanne, une manifestante élève en terminale au lycée Jean-Jaurès de Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui arbore un autocollant « Résister n’est pas un crime » sur son pull.

Son lycée était bloqué ce matin. Elle manifeste contre la réforme du bac, la plateforme d’orientation Parcoursup, le Service national universel (SNU)… « On espère se faire entendre et que les réformes annoncées soient annulées, pas repoussées », ajoute-t-elle. Louis Boyard, à la tête du syndicat lycéen UNL, qui a appelé à la manifestation, leur lance au mégaphone: « On est ici parce qu’on a voulu nous sélectionner, (on est) contre la répression. On emmerde le gouvernement! » Dans le cortège, entre la station de métro Stalingrad et la place de la République, certains professeurs ont rejoint les élèves. Natacha, professeure en grève venue des Hauts-de-Seine, estime qu’elle a « sa place avec la jeunesse » et veut la protéger parce que « pas mal de jeunes prennent cher ». « Le climat est insurrectionnel, c’est le moment de porter nos revendications », ajoute-t-elle. En arrivant sur la place de la République, plusieurs dizaines de jeunes se sont agenouillés, les mains sur la tête, mimant la scène très controversée de l’interpellation de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie la veille. La mobilisation, qui a trouvé un écho chez des jeunes dans la foulée du mouvement des « gilets jaunes », a conduit au blocage total ou partiel de 200 à 300 lycées par jour depuis le début de la semaine. Elle semble s’être durci avec le signalement de plus en plus d’incidents et heurts avec les forces de l’ordre. Les lycéens appellent notamment à l’abandon des réformes du bac, de la voie professionnelle ou de l’accès à l’université.