France/Présidentielle: le dernier round télévisé bousculé par l’attaque sur les Champs-Elysées

A trois jours d’un premier tour virant à un imprévisible « match à quatre », le dernier round télévisé des onze candidats sur France 2 a été bousculé jeudi soir par l’annonce d’une attaque sur les Champs-Elysées, qui a tué un policier et blessé un autre.

Vers 22H15, Emmanuel Macron a été le premier à réagir à l’antenne. « Cette menace, cet impondérable, fait partie du quotidien des prochaines années. Je veux témoigner toute ma solidarité à l’égard de nos forces de police et plus largement nos forces de l’ordre. Et je veux avoir une pensée pour la famille de la victime », a-t-il dit.

A la suite de l’attaque sur les Champs-Elysées, François Fillon et Marine Le Pen ont annulé leurs derniers déplacements de campagne prévus vendredi, respectivement une randonnée à Chamonix et une visite dans un refuge pour animaux.

Emmanuel Macron a maintenu ses deux meetings à Rouen et Arras. « La lutte contre le terrorisme doit être la priorité absolue du prochain président », a dit M. Fillon. « On est en face d’un acte qui ressemble terriblement à un acte terroriste », a-t-il dit. Les autres candidats déjà passés, comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, ont réagi sur les réseaux sociaux, alors que le Premier ministre Bernard Cazeneuve se rendait à l’Elysée retrouver le président Hollande, qui devait prendre la parole en fin de soirée. Peu après 21H00, alors que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen étaient déjà passés dans cette dernière émission politique avant le premier tour, les premières rumeurs de coups de feu sur la plus célèbre avenue de Paris apparaissaient sur les réseaux sociaux.

Les journalistes David Pujadas et Léa Salamé continuaient d’interroger les candidats en tenant les téléspectateurs informés en direct des circonstances encore floues des conditions des tirs qui ont tué un policier et blessé un autre. La confusion dominait, comme lorsque le candidat Jean Lassalle évoquait vers 23H00 la mort du deuxième policier blessé, démentie par le ministère de l’Intérieur, ou quand M. Fillon a évoqué « d’autres violences en cours », elles aussi démenties par les autorités. Pendant la première partie de l’émission, Jean-Luc Mélenchon, premier à entrer en lice à 20h s’était défendu d’être « un homme de pagaille », citant De Gaulle et Mitterrand, et a évoqué son projet d’Assemblée constituante pour une VIe République.

– suspense inédit –

Marine Le Pen, venue avec les clefs d’une entreprise lorraine, a choisi le terrorisme comme carte blanche et cherché à rassurer sur sa proposition de sortie de l’euro. « Je ne ferai rien sans le peuple français ni contre lui », a-t-elle affirmé. Distancé dans les sondages, Benoît Hamon a regretté que se succèdent « des monologues et pas un débat démocratique », brandissant une carte d’électeur qui n’est pas une « carte de consommateur » ni une « carte bleue ».

Nicolas Dupont Aignan a affirmé avoir été censuré par un patron de presse pro-Fillon. Dans une campagne à multiples rebondissements et au niveau de suspense inédit, l’émission était la dernière grande fenêtre médiatique avant l’échéance de dimanche. Notamment pour les quatre en position d’accéder au second tour au vu des intentions de vote: Emmanuel Macron, Marine Le Pen et, un peu derrière, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, qui ont réduit l’écart dans la dernière ligne droite.

A la fin de l’émission, les candidats doivent se retrouver tous ensemble, pour une conclusion de 2 minutes 30 chacun. Mais, pas de débat possible dans ce format inédit, objet de nombreuses tractations entre la chaîne publique et les équipes de campagne. L’incertitude a longtemps plané sur l’émission de France 2, qui suit un premier débat sur TF1 avec les cinq mieux placés dans les sondages, le 20 mars, et un deuxième, le 4 avril sur BFMTV et CNews, avec tous les candidats. afp