La France a toujours la retraite la plus longue des pays riches

Partir tôt, en profiter longtemps, c’est ce qui fait de la retraite française la plus longue des pays riches, avec en prime des revenus plus élevés que la moyenne, même en tenant compte des réformes récentes, selon l’OCDE.

Championne du monde de la durée de la retraite en 2015, la France conserve son titre dans le Panorama des pensions 2017 de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

En 2016 dans l’Hexagone, on sortait du marché du travail en moyenne à 60,2 ans avec une « espérance de vie résiduelle » de 25,6 ans. L’âge de sortie du marché du travail prend en compte tous ceux qui sortent de la population active au-delà de 40 ans pour diverses raisons, y compris l’invalidité et l’inactivité, ce qui tend à « sous-estimer l’âge effectif de la retraite », reconnaît l’organisation.

La France affiche néanmoins à la fois l’âge de sortie le plus précoce des 35 pays membres de l’OCDE (64,4 ans en moyenne) et la durée la plus longue (20,3 ans en moyenne). A titre de comparaison, les Italiens « sortent » à 61,7 ans avec une espérance de vie de 23,7 ans, les Allemands à 63,3 ans avec une longévité « résiduelle » de 21,1 ans et les Américains à 66,1 ans avec encore 18,9 ans à vivre. Cas extrême, les Sud-Coréens quittent le marché du travail à 72,1 ans avec seulement 14,6 années devant eux.

Si la France se distingue, c’est à la fois par « une forte baisse de l’emploi après 60 ans » et « un faible âge normal de la retraite »: pour une carrière sans interruption débutée à 20 ans, un Français bénéficiait en 2016 d’une pension sans décote à 61,6 ans, contre 63,9 ans en moyenne dans l’OCDE.

Quatre pays font mieux (Luxembourg, Slovénie, Turquie à 60 ans, Corée du Sud à 61 ans), alors que trois autres (Islande, Israël, Norvège) fixent cet âge « normal » à 67 ans.

La France va toutefois rattraper « une partie de son retard » avec l’allongement de la durée de cotisation (43 ans en 2035) et la réforme des régimes complémentaires obligatoires Agirc-Arrco, qui se traduira par un système de bonus-malus temporaire à partir de 2019, pour inciter les salariés à reporter leur départ en retraite. L’âge « normal » va ainsi reculer progressivement à 64 ans pour les Français entrés sur le marché du travail à 20 ans en 2016, qui partiront donc en retraite en 2060.
Les jeunes travailleurs de l’OCDE devront atteindre en moyenne 65,7 ans pour toucher une retraite complète, voire 71 ans en Italie ou aux Pays-Bas, et même 74 ans au Danemark.

Au bout de cette attente, tous ne seront pas payés à la même hauteur. Avec les règles actuelles, la pension sans décote après cotisations et impôts dépassera 100% du dernier salaire aux Pays-Bas et en Turquie, contre moins de 30% au Mexique et au Royaume-Uni. La France affichera pour sa part un « taux de remplacement net » de 74%, supérieur à la moyenne de l’OCDE (63%). Dans l’ensemble, le système de retraite français « offre une bonne protection », reconnaît l’organisation. En prenant en compte tous leurs revenus, dont ceux du travail et du capital, les Français de plus de 65 ans touchaient, en 2014, 103,4% du revenu moyen de l’ensemble de la population du pays.

Un score qui les place, une fois encore, en tête du palmarès clos par l’Estonie (66,5%), et nettement au dessus de la moyenne (87,6%). Par conséquent, l’Hexagone enregistre un taux de pauvreté des plus de 65 ans (3,6%) parmi les plus faibles des pays riches, juste derrière le Danemark (3,2%) et loin devant la Corée du Sud (45,7%), la moyenne s’établissant à 12,5%.