Forêt de Bialowieza: la justice européenne menace Varsovie d’une lourde astreinte

L’ordonnance de la CJUE, basée à Luxembourg, stipule que « sauf cas exceptionnel et strictement nécessaire pour assurer la sécurité publique, la Pologne doit cesser immédiatement les opérations de gestion forestière active dans la forêt de Bialowieza ».
Le ministre polonais de l’Environnement a réaffirmé mardi que Varsovie respectait déjà « à 100% » les décisions de la Cour de justice de l’UE qui a sommé la Pologne de cesser « immédiatement » l’abattage des arbres dans la forêt de Bialowieza (nord-est), l’une des forêts naturelles les mieux conservées d’Europe.

Intervenant sur la radio privée WNET émettant sur le web, le ministre Jan Szyszko a répété que la Pologne « respectait la loi européenne concernant Natura 2000, les directives +Oiseaux+ et +Habitats+ et respectait également à 100% les recommandations de la Cour ». Tel n’est pas l’avis de la CJUE qui a menacé lundi la Pologne d’une astreinte « d’au moins 100.000 euros par jour » si elle ne cessait pas « immédiatement » les coupes à Bialowieza.

Le gouvernement polonais soutient que les coupes ont pour seule raison le souci d’assurer la sécurité dans la forêt et qu’elles correspondent donc à une exception acceptée par la législation européenne. M. Szyszko a laissé entendre qu’il n’avait pas encore lu de près la décision de la CJUE. Dans ce texte, selon lui, la Cour « cherche apparemment à préciser sa pensée et c’est là que réside un certain différend ». « Il y est probablement écrit qu’il est interdit de couper les arbres dans la forêt de Bialowieza à l’exception des cas liés à la sécurité publique, là où les gens se déplacent, là où il y vraiment un danger. Si cela n’était pas indiqué, alors, en cas de chute d’un arbre (…) c’est la Commission européenne qui en porterait la responsabilité », a-t-il ajouté.

Le problème est que la justice européenne et Varsovie divergent fortement sur l’interprétation de cette nécessité, beaucoup plus large du côté du gouvernement polonais.

Ce dernier affirme procéder à des coupes « de protection » pour combattre la prolifération d’insectes xylophages et protéger le trafic routier, tandis que la Commission l’accuse de coupes illégales. Des groupes écologistes cherchent à bloquer sur place le travail des bûcherons. Varsovie semble réfléchir encore à sa réaction officielle. M. Szyszko, qui avait annoncé une conférence de presse pour mardi matin, l’a repoussée au dernier moment en début d’après-midi.