La folie / Le changement (climatique), c’est maintenant. A quand celui des comportements?

Olivier Tasch / Le scénario du réchauffement climatique n’est pas l’hypothèse d’un futur plus ou moins proche. Il se joue maintenant et les températures extrêmes qui sévissent sur tout le globe en sont une incontestable indication. C’est loin d’être une surprise, c’est un des effets prévus et attendus du changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre. Le comportement des humains y est sans doute pour quelque chose… Selon l’Organisation météorologique mondiale, une majorité d’études scientifiques indiquent que la cause probable de ces phénomènes extrêmes réside dans les activités humaines.

Incendies à répétition, sécheresse et autres inondations devraient alerter au plus haut point, d’autant que les experts du climat ne sont pas rassurants, loin de là. Les vagues caniculaires deviendraient même la norme d’ici 2050. Si aujourd’hui, on bat régulièrement des records de chaleur, comme, par exemple, le pic de 27,9 °C enregistré en avril, température maximale absolue pour un mois d’avril depuis 1947, ce n’est que le début. Ces records n’auraient malheureusement pas vocation à tenir bien longtemps. D’aucuns prophétisent des températures de 55 °C en France d’ici 2050. Le fameux accord de Paris sur le climat, pour autant qu’il soit respecté, permettrait à peine de «limiter» la hausse de 3 degrés d’ici la fin du siècle. La conséquence attendue est une fréquence beaucoup plus élevée de phénomènes extrêmes liés au réchauffement climatique dont on peut apprécier aujourd’hui le pouvoir de nuisance.

Si le changement est inévitable, l’homme pourrait néanmoins infléchir son ampleur et sa vitesse ou au moins éviter d’aggraver la situation. Car le mal est fait, ce qui contribue en effet à l’augmentation des températures ce n’est pas tant la fluctuation des émissions de gaz à effets de serre, mais la quantité de CO2 stockée dans l’atmosphère. Il ne faut donc pas espérer une baisse des températures, mais au mieux une stabilisation de celles-ci.

Encore faudrait-il que le changement de comportement de la population de la Terre – en particulier les mieux lotis – soit suffisamment radical… En France, par exemple, en juillet, on fêtait le bond de 18,9% sur un an des immatriculations de voitures particulières neuves. Certes, c’est bon pour l’industrie, mais comme en convient un expert du marché, l’achat d’une voiture est souvent irrationnel. Preuve en est, les «crossovers» et «suv», qui consomment le plus, ont le vent en poupe.

«La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent», disait Albert Einstein…