Finance / Le jour d’après

Marc Fassone / La place de Londres va sortir affaiblie du Brexit. C’est acquis. Un affaiblissement qui risque en plus d’être durable.

Selon les estimations des professionnels, elle perdra entre 3.000 et 12.000 emplois. Et déjà, selon le cabinet d’audit EY, ce sont 800 milliards d’actifs qui ont quitté les bords de la Tamise pour rentrer sur le continent.

Du côté de Londres, les professionnels essaient de minimiser cet impact en rappelant que les activités de la City dépassent largement le cadre européen et que les vrais concurrents sont plus New York et Singapour que Paris et Francfort.

Dont acte!

Il n’en reste pas moins vrai qu’il y a des places et des parts de marché à prendre pour les Européens. Beaucoup d’opportunités donc.

Dont une qui permettrait de renouer avec l’idéal européen. Qui est, pour rappel, de favoriser l’idéal de coopération au sein du Vieux Continent. Plutôt que de rentrer dans un jeu de concurrences entre places financières nationales – avec tous les risques que cela comporte en matière de renationalisation des marchés financiers –, pourquoi ne pas imaginer que chaque grande place prenne sa part du «butin», un peu sur le modèle de ce qui s’est passé lorsque l’on a réparti les différentes institutions européennes.

Voilà une idée qui mériterait qu’on s’y arrête alors que le marché financier unique se fait lentement et qu’arrivent les élections européennes.

De quoi élever le débat et impliquer les citoyens sur des questions autres que nationales.