Fidji, Syrie et invective

Thierry Nelissen / Les îles Fidji, qui figurent parmi les premières menacées par le réchauffement climatique, ont la tâche symbolique d’accueillir la COP 23, vingt-troisième conférence sur le climat de l’ONU. Deux ans après l’accord spectaculaire, mais non contraignant, de Paris, 200 pays se retrouvent jusqu’au 17 novembre, non pas dans l’océan Pacifique, faute de capacité d’accueil suffisante, mais à Bonn, l’ancienne capitale allemande. C’est la première fois qu’une petite victime désignée du réchauffement préside ce type de réunion. L’occasion pour son Premier ministre, Frank Bainimarama, de réclamer aux grands émetteurs de CO2 d’amplifier leurs efforts pour limiter l’augmentation moyenne de température. L’objectif de limiter celle-ci à 2°C, arrêté à Paris, paraît déjà aussi lâche…que difficile à respecter.

Vouée à faire des ajustements techniques et à préciser les engagements de Paris, la COP 23 ne devait pas être trop politique. Jusqu’à la reculade de Trump. Ne voilà-t-il pas, en outre, que la Syrie, l’un des rares pays à avoir boudé l’accord de Paris, a décidé d’y adhérer, et rendra prochainement un cahier d’engagements. Provocation? Sans aucun doute. Mais quel pied de nez aux USA, qui veulent quitter l’accord dès qu’ils le pourront, soit en 2020. L’invective trumpienne a donc salué le coup du dictateur syrien. Pendant que le bateau coule, les insultes pleuvent. Belle leçon de politique pour les Fidjiens, qui n’ont plus qu’à espérer que la belle concorde internationale ne soit pas que de façade, et qu’elle n’accouchera pas d’un simple et héroïque sauve-qui-peut.

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