Festival de luxe / 9e édition du «LuxFilmFest» du 7 au 17 mars

Misch Bervard / C’est avec la comédie Gloria Bell du réalisateur chilien Sebastián Lelio, oscarisé en 2018 pour Una Mujer Fantástica, qu’ouvrira officiellement, jeudi soir, le 9e Luxembourg City Film Festival. Cela fait des semaines que les boîtes mail de la presse grand-ducale sont inondées par les communications promotionnelles des organisateurs, et l’on est forcé de constater que le trop d’informations peut nuire gravement à l’efficacité de celles-ci. Les derniers mails du jour nous proposent d’ailleurs des places invendues pour la cérémonie d’ouverture, en présence de madame la nouvelle ministre de la Culture (et d’autres ex-ministres).

D’année en année, le LuxFilmFest se félicite d’un nombre croissant de spectateurs – près de 35.000 en 2018 apparemment, mais on les appelle «visiteurs» parce qu’on y additionne cinéphiles, spectateurs, fans de VR et autres… – et de films projetés, et il est indéniable que la programmation a toujours été ambitieuse, malgré quelques choix étonnants, tel le danois Holiday de l’année dernière, qui avait marqué notre correspondant comme un film «indigeste, à la facture pornoïde frimeuse».

Nous nous souvenons parfois avec nostalgie des premières «Nuits du cinéma fantastique» au cinéma Utopia, dont est né, au milieu des années 1990, un premier festival luxembourgeois du nom de «Cinénygma.» Ensuite, les autorités de la capitale ont tenté de s’implanter sur la carte des festivals européens avec un concept plus professionnel et officiel, sous le nom de «DirActor’s Cut» d’abord, puis de «Discovery-Zone». Entre «Festival de l’auto» et «Festival du meuble», nous avions alors un vrai festival à vocation culturelle. Depuis, celui-ci a effectivement atteint une vitesse de croisière et gagné la reconnaissance au-delà de nos frontières. Sans doute que le succès met une certaine pression aux organisateurs et les amène à toujours vouloir faire plus et mieux, et c’est vrai que cette année nous assistons encore à une surenchère de films, de sections, d’événements périphériques, de master class et d’expositions. Ce qui a évidemment comme résultat que l’événementiel risque de l’emporter quelque peu sur le pur plaisir de découvrir et de regarder des films dans les meilleures conditions possibles.

Pour la troisième année de suite, le «Pavillon de Réalité Virtuelle» est, par exemple, mis en évidence. Si, au début, nous avons plutôt positivement réagi à la présentation de cette technologie à la mode dans le cadre d’un festival de cinéma, et si nous ne mettons pas en doute les possibilités de création artistique de ce médium, on est cependant en droit de se poser la question de la place accordée à la virtuelle réalité dans le cadre du LuxFilmfest. Ce volet est organisé et coordonné par le Film Fund Luxembourg, qui a aussi cofinancé deux des productions qui y seront présentées. Et ceci au moment où, plus que jamais, il y a de l’eau dans le gaz dans le milieu des producteurs de cinéma classique, qui se plaignent du manque de subventions étatiques pour pouvoir financer leurs (co)productions.

Nous en profitons pour attirer l’attention de nos lecteurs sur la section «Made in/with Luxembourg», dans laquelle seront présentés comme d’habitude les films (courts, longs et documentaires) produits ou coproduits au Luxembourg, et dont nous reparlerons certainement ici ou lors de leur sortie en salle.

Sinon, il y a une dizaine de films en compétition et une vingtaine en sélection officielle, dont quelques-uns des meilleurs films de Mike Leigh. Celui-ci sera l’un des invités les plus prestigieux de cette édition, et donnera une master class le samedi 16 mars à la Cinémathèque.

Le jury international, qui décernera le Grand Prix, sera présidé cette année par le réalisateur argentin Pablo Trapero (El Clan, 2015, Goya du meilleur film et Lion d’argent du meilleur réalisateur). A ses côtés, on trouvera entre autres le Luxembourgeois Govinda Van Maele, dont Gutland était sélectionné l’année passée au festival et primé ensuite par le Lëtzebuerger Filmpräis.

Pour tous les détails concernant les films, les horaires et les endroits de projection, ainsi que pour réserver vos places, il est conseillé de consulter le site officiel: luxfilmfest.lu, en commençant de préférence par la grille de programmation disponible sous l’onglet «téléchargements», ce qui vous évitera de passer plus de temps devant votre ordinateur qu’en salle de projection.

Infos: luxfilmfest.lu