Ferrac enferré

L’entreprise de ferraillage annonce un plan social

Dénonçant une concurrence déloyale, elle s’en prend à l’Etat, coupable de faiblesse à ses yeux.

L’entreprise Ferrac est active depuis 1979 dans le secteur du ferraillage et des armatures en béton et est un des principaux fournisseurs de ferraillage aux entreprises luxembourgeoises.

«En respectant à la lettre toutes les dispositions et réglementations sociales et légales du pays», ajoute René Dörr, le gérant. Et c’est là où le bât blesse, semble-t-il.

[cleeng_content id= »265896912″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]En raison d’un volume d’activité en baisse et d’un carnet de commandes incertain, l’entreprise – «afin d’assurer sa compétitivité» – a décidé de recourir à un plan social et de se séparer d’une partie de son personnel.

La faute à «une concurrence venant d’entreprises et de leurs sous-traitants étrangers qui ne respectent ni la rémunération de la main-d’œuvre selon la convention collective luxembourgeoise du bâtiment ni le cadre réglementaire et social.»

«Sur un marché ouvert, nous sommes confrontés à la pratique de concurrents offrant des prix de vente se situant en dessous de notre prix de revient qui découle des obligations légales et sociales», détaille le gérant.
 
Inaction coupable

«Cette sorte de concurrence déloyale devrait mettre en alerte toutes les autorités compétentes de l’Etat pour veiller au respect de la convention collective, des conditions réglementaires et sociales sur les chantiers luxembourgeois afin de mettre ainsi un terme aux pratiques des prix qui sévissent sur le marché du pays. Il s’agit de sauvegarder des emplois et de la survie des entreprises luxembourgeoises», s’emporte-t-il.

Une analyse partagée par la branche bâtiment de l’OGB-L, qui demande à ce que le gouvernement agisse rapidement pour sauver le plus d’emplois possible, et aussi à mettre fin à une situation qu’il connaît mais contre laquelle il reste inactif.

Le syndicat s’en prend également aux donneurs d’ordres pour qui seul le critère du prix compte. Des prix bas qui ne sont obtenus qu’en violant les règles sociales.

Ferrac, installée à Bettembourg, compte 180 salariés. On ignore encore combien seront concernés par le plan social, un plan qui «devrait être atténué par un plan de maintien de l’emploi.»

M. F.

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