Nathalie Ronvaux

Nathalie Ronvaux – La Culture: Qualité: délicatesse

490_0008_11933385_2013_12_03_CNL_LaureatsikM.-A. L. / Poète et dramaturge née gémeaux et pince-sans-rire, Nathalie Ronvaux n’a jamais pensé qu’un jour elle serait auteure: «que l’écriture soit un métier qui me permettrait de vivre, ça, je ne pouvais l’imaginer». Et puis, «à un moment, j’ai eu envie de montrer mes textes, Vignes et louves en l’occurrence, un manuscrit repéré par la Fondation Servais en 2010», donc, déclic!
Rétroviseur. Entre ses études secondaires à Luxembourg et son premier job à la Chambre des métiers (conseillère pour les PME de 2000 à 2008), Nathalie suit à Lausanne une année en sciences forensiques, histoire d’étudier les scènes de crime. Pour autant, Nathalie n’est pas Agatha Christie – déjà parce que le roman n’est pas son genre –, ce qui ne l’empêche pas de fouiner dans les secrets inavouables, dans les vérités variables accouchées de la violence ou de l’injustice, surtout en cette période trouble qu’est l’après-guerre.
Depuis l’âge de 14-15 ans, en raison d’un ressenti – «mon grand-père ne me prenait pas sur ses genoux car il avait été emprisonné dans un camp» –, «j’ai toujours su que je ferais un truc créatif sur ce sujet-là». L’outil s’est précisé, sa grammaire aussi, bref La vérité m’appartient, pièce de théâtre, est promue premier prix au Concours national en 2013: dans cette Vérité… – qui a fait un tabac au festival «Textes sans frontière» –, «J’ai essayé de comprendre ma famille, sans la glorifier ni faire un procès, d’ailleurs, j’en ai fait une fiction, plantée dans un commissariat – historiquement, ça n’aurait pas pu arriver comme ça.»
Alors, tout s’emballe. Nathalie – actuellement coordinatrice au CEPA (Cercle européen pour la propagation des arts) – n’en finit pas de fourbir des textes, poétiques et dramaturgiques – lus, mis en scène (au Centaure) et publiés (chez Phi et Hydre) – où elle confronte «les différents angles», au contraire «des jugements qui conduisent soit à tuer soit à ne rien faire».
Elle a beau avoir l’œil aussi rieur que bleu – «c’est ma couleur préférée, par sa référence à l’espace et sa belle sonorité» –, Nathalie partage son univers entre son vieux chien Toscan et un goût pour le crépusculaire. «La neige a quelque chose de terrifiant», elle rejoint «une conscience de la mort, ce qui rend la vie d’autant plus précieuse, à ne pas gâcher». «Les paysages sont toujours liés à quelque chose d’intime». Alors elle s’en va pleurer ou rire devant un lac ou des rizières (comme dans Ecchymoses d’un meurtre bleu). Mais rien qui fasse d’elle une aventurière: en fait, «je suis impatiente et le mouvement me rassure». Et puis, elle invite à table, lieu de gourmandise et de… douceur. «Pour moi, la plus belle qualité, c’est la délicatesse. Et je suis entourée de gens de cœur».