Faux documents: un ex-comptable et son « apprentie » déférés pour plus de 6.000 dossiers

Un ex-comptable de 35 ans et son « apprentie » de 31 ans ont été présentés à un juge jeudi matin pour la « fourniture de faux documents administratifs » à plus de 6.000 personnes, a indiqué le procureur de la République de Montpellier.

Une information judiciaire a été ouverte pour la fourniture de ces faux documents mais aussi « falsification de documents et association de malfaiteurs car certains documents proviennent de vols », a précisé Christophe Barret lors d’une conférence de presse, ajoutant que le parquet avait requis le placement en détention provisoire.

L’ex-comptable, condamné à plusieurs reprises pour des affaires de délinquance routière, a été arrêté à Montpellier et placé en garde à vue mardi, a indiqué M. Barret, précisant que l’homme « a choisi de s’expliquer très largement ». Son « apprentie », arrêtée et placée en garde à vue le même jour, est inconnue de la police et de la justice. « Cette affaire sort véritablement de l’ordinaire en terme d’ampleur et de durée », a souligné M. Barret. « On estime à ce stade qu’il a fabriqué des dossiers pour plus de 6.000 personnes depuis au moins sept ans ». « Il en vivait pas mal », dégageant un bénéfice d’environ 5.000 euros par mois, a-t-il précisé. « On est tombés sur une officine qui dépasse les proportions habituelles », a renchéri Laurent Siam, le directeur de la Police aux Frontières (PAF) de l’Hérault, automatiquement saisie pour les dossiers concernant de faux documents. L’affaire a démarré « de manière presque anecdotique », fin août, lorsqu’un propriétaire a contacté la PAF après s’être vu remettre des documents lui paraissant « suspects » par une locataire potentielle, a expliqué le procureur. L’enquête, menée notamment par l’unité judiciaire et la Brigade mobile de recherche de la PAF, a notamment permis d’établir que l’employeur mentionné sur les fiches de paie « n’avait jamais entendu parler de cette dame », et permis d’identifier les fournisseurs et les fabricants de ces faux, ont précisé MM Barret et Siam. Parmi les faux « de bonne qualité » découverts lors de perquisitions, des contrats de travail, des bulletins de paie, des papiers d’identité et une « liasse d’arrêts de travail avec des supports authentiques », selon M. Barret. Les faussaires encourent un maximum de sept ans de prison et 100.000 euros d’amende. Quant aux bénéficiaires, recrutés « dans la France entière par le bouche-à-oreille », « on va s’attacher à tous les identifier afin qu’ils soient poursuivis par les parquets concernés », a ajouté le procureur de la République de Montpellier.