Face aux nationalismes / Désir de paix

Jacques Hillion / Le centenaire de l’armistice de 1918 a été célébré en grande pompe. Les hommages aux millions de morts, blessés et mutilés de la Grande Guerre se sont multipliés et une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement ont répondu à l’invitation du président français à participer à cette commémoration suivie par un Forum pour la paix. Lequel se veut un manifeste pour un «multilatéralisme refondé».

La Grande Guerre, qui aurait dû être la der des ders selon la volonté des poilus, a, en fait, nourri la Seconde Guerre mondiale. Une vingtaine d’années seulement aura suffi à enterrer la paix.

La Société des nations (SDN) fut une première tentative de gérer les relations entre Etats. Ce premier essai de multilatéralisme n’a pas résisté aux nationalismes, aux appétits de revanche et aux régimes autoritaires qui ont alimenté les crises internationales de l’entre-deux-guerres.

Cent ans plus tard, le multilatéralisme est en panne. Les Etats-Unis de Donald Trump la jouent solitaire, la Russie veut renouer avec son passé, la Chine souhaite une place sur l’échiquier politique mondial à la hauteur de sa puissance économique et les nationalismes, accompagnés par un dynamisme populiste virulent, reviennent en force. La volonté de discuter pour résoudre les conflits a disparu. La Syrie et l’impossible entente au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour résoudre ce conflit en apportent la triste preuve.

Face à la montée en puissance d’un monde multipolaire, le renforcement du multilatéralisme apparaît comme une nécessité. Il ne pourra cependant pas être pensé sans une réforme des institutions internationales afin de s’adapter à ce XXIe siècle qui, même s’il ressemble au début du siècle précédent, n’en a pas moins ses particularités.

Pour le président Macron, le chemin de cette reconstruction ne peut passer que par l’Europe. Parce que Trump, notamment, ne jure que par «l’Amérique d’abord». Quant à l’Union européenne, exemple pourtant réussi d’intégration volontaire qui a, jusqu’ici, abouti à sept décennies de paix, elle expose ses divisions et vit son premier divorce.

Ces obstacles se résument finalement à un combat. Le combat contre les nationalismes. Les mêmes qui ont ensanglanté le XXe siècle et qui, aujourd’hui, affaiblissent nos démocraties et la paix.