Exposition Monet annulée: un musée bordelais menace le Musée Marmottan Monet de poursuites

Le ton est monté mardi entre le futur Musée Mer Marine de Bordeaux et le Musée Marmottan Monet, qui vient d’annuler la venue de 57 toiles de Claude Monet programmée pour le lancement du musée bordelais, dont le propriétaire menace à présent l’institution parisienne de poursuites.

« C’est le fait du prince imposé de Paris », a protesté lors d’une conférence de presse le promoteur immobilier Norbert Fradin, qui a conçu et financé le Musée Mer Marine.

L’annulation de la venue de l’exposition itinérante Monet a été « un choc d’autant plus surprenant et incompréhensible que nous avions le sentiment d’avoir la légitimité pour l’accueil des oeuvres », a ajouté M. Fradin. « Toutes les solutions de gardiennage, de traitement d’air, de traitement de l’humidité et de traitement des poussières ont été mises en place », et « nous sommes aux normes des plus grands musées français », s’est défendu le promoteur bordelais, passionné d’histoire maritime. A telle enseigne qu’AXA Art, grand spécialiste de la protection du patrimoine et des musées, a donné son imprimatur et accepté d’assurer les toiles du maître de l’Impressionnisme pour l’événement bordelais, a-t-il assuré.

De son côté, Marmottan, propriété de la Fondation de l’Académie des Beaux-Arts, assure qu’en vertu du contrat signé le 29 août 2017 avec le musée bordelais, les certificats d’assurances devaient lui être envoyés « au plus tard le 31 mai 2018 ». Or « le défaut d’envoi des dits certificats à cette date (…) entraîne automatiquement l’annulation de l’Exposition aux torts de l’organisateur (musée Mer Marine) », affirme dans un communiqué de le musée parisien, dirigé par Patrick de Carolis. Marmottan « a exigé qu’une réunion se fasse à la date du 31 mai, précisément, en convoquant directement notre assureur qui s’est rendu disponible. Suite à cette réunion notre assureur a délivré l’attestation demandée.

Le retard de date de l’attestation ne nous est donc pas imputable, et il paraît incroyable que le musée Marmottan ose dire le contraire aujourd’hui », objecte M. Fradin. Le promoteur bordelais estime le coût du préjudice à « plusieurs centaines de milliers d’euros », avec notamment le remboursement intégral des 2.000 à 3.000 billets déjà vendus pour 15 euros pièce.

Et M. Fradin d’avertir qu’à défaut d' »arrangement à l’amiable » avec la direction de Marmottan, il se réserve la possibilité de poursuivre le musée parisien et de remplacer l’exposition Monet par un « autre événement » auquel il réfléchit déjà.