Exploration / Le côté obscur

Alain Ducat / Il y a de la poésie dans l’exploration spatiale. Comme un souffle épique, propre à inspirer les arts, fussent-ils mineurs. Quand la Chine aborde la face cachée de la Lune en pionnière, on se prend à plonger dans sa discothèque pour exhumer, telle une incandescente pierre venue d’une autre planète musicale, le «Dark Side of the Moon». Voire à penser que l’actuel grand timonier se mue en Xi Jinping Floyd.

Passer du côté obscur, voilà qui préfigure une saga, façon guerre des étoiles. Mais autant briser les élans romantiques des jeunes padawans: la force poursuit des rêves hégémoniques et des arrière-pensées économiques. Ce qui n’empêche pas le génie. L’alunissage est une performance historique doublée d’un grand intérêt scientifique. D’ailleurs, la Chine manque tellement peu d’idées qu’elle veut lancer une Lune artificielle, pour réfléchir – on ne le fait jamais assez – sur Terre la lumière du soleil.

Que l’Empire du Milieu se décentre vers les astres n’a rien de fou. L’espace, c’est là que ça se passe. Et le Luxembourg ne dira pas le contraire, étant le deuxième pays au monde, après les Etats-Unis bien sûr, à légiférer pour attribuer le bénéfice d’éventuelles découvertes, des minerais exploitables par exemple, aux porteurs de son pavillon tricolore. Il y a du potentiel. Et, parmi les pays qui se bousculent pour signer des partenariats avec le Grand-Duché conquérant figure la Chine. L’univers est petit. Mais comme dit l’excellent Alexandre Astier dans son Exoconférence: «On voit loin, mais on ne voit pas tout».