Evolution

JACQUES HILLION / 28 +6 = 34. C’est la somme qui agite le Landerneau politique national ou, plus particulièrement, l’opposition même si du côté du CSV, on se refuse officiellement au moindre commentaire.

Un dernier sondage (TNS-Ilres, RTL et Wort) offre en effet 28 sièges au Parti chrétien-social. Les 6 qu’obtiendraient Déi Gréng permettraient ainsi de constituer une nouvelle coalition succédant à l’actuelle tricolore.

Les chiffres sont bruts et reconstituent une Chambre dont actuellement 13 députés appartiennent au DP, 13 au LSAP, 6 à Déi Gréng, 23 au CSV, 2 à Déi Lénk et 3 à l’ADR.

Selon le PolitMonitor, la nouvelle Chambre serait composée de 10 DP, 10 LSAP, 6 Déi Gréng, 28 CSV, 3 Déi Lénk et 3 ADR.

La logique arithmétique est simple: le CSV l’emporte (+5), les partis libéral et socialiste dévissent (-3 chacun), les écolos et l’ADR se maintiennent et La Gauche décroche un siège supplémentaire (+1).

En revanche, et malgré la logique, ce que la photographie de l’opinion ne montre pas, c’est l’évolution du jugement qui est porté sur l’action gouvernementale. A ce niveau, il y a matière à relativiser.

En effet, la Sonndesfro du Tageblatt de juin 2016, celle de la mi-parcours de la législature, a montré une majorité bien plus en difficulté qu’elle ne l’est actuellement puisque le DP devait se contenter virtuellement de 7 sièges, le LSAP en ayant déjà 10 et les Verts en récoltant 7. L’ADR avait alors le vent en poupe avec 6 sièges et le CSV en obtenait 27.

La situation apparaît dès lors moins dramatique pour le gouvernement et notamment pour le DP qui redresse la tête. Et cela, c’est sans compter l’évolution des pourcentages, qui à défaut de se traduire en sièges montre une progression positive, même si elle est moins flagrante pour les socialistes.

Il est trop tôt pour se mettre à rêver d’alliance d’autant que la fameuse coalition noir-vert n’est adoubée que par 17% des électeurs selon le PolitMonitor, celle entre le CSV et le LSAP pointant juste derrière (13%) tandis que l’actuelle est un souhait envisageable par 11% des sondés. Bref, rien n’est joué.

Les erreurs de communication du début de l’action gouvernementale, une mise en place un peu difficile, mais compréhensible au regard de la volonté de changement liée à l’omniprésence chrétienne-sociale dans les rouages étatiques, un référendum qui s’est révélé un échec patent ne peuvent masquer de réelles avancées. Parmi ces dernières et non des moindres, l’arrêt du financement des cultes par l’Etat constitue un élément important qui cristallise l’opposition, notamment sur les questions de patrimoine immobilier.

Les deux petites années de mandat restant à effectuer ne seront pas des plus faciles pour concrétiser les dernières réformes et faire fructifier le travail réalisé. Les effets de la réforme fiscale complétés par l’indexation tempéreront certainement la difficulté de la tâche.

Il n’en demeure pas moins que l’intérêt porté à ce sondage est révélateur de la détermination du principal parti d’opposition quant à sa volonté de reconquérir le pouvoir. Reste à voir jusqu’à quel niveau les partis de la coalition peuvent reprendre du poil de la bête.

Les élections communales d’octobre seront un bon indicateur, même si les intérêts locaux ne sont pas comparables aux intérêts nationaux.