Europe / Cruels dilemmes

Marc Fassone / Une question d’importance se pose au peuple britannique: faut-il verser le lait dans le thé avant ou après l’eau?

La controverse était telle qu’il a fallu recourir à un sondage pour espérer la trancher. C’est désormais clair: l’eau se verse avant le lait. Le peuple a donc confirmé ce que George Orwell écrivait déjà en 1946. Presque un thé-o-rème…

La question suivante est – non, pas «faut-il dormir avec la barbe sur ou sous la couverture?» –, restera-t-il du thé à Noël?

Car l’hypothèse d’un Brexit «sec» prend de plus en plus corps.

Après les autorités européennes, qui ont appelé leurs ouailles à se préparer aux conséquences d’un non-accord, les dirigeants britanniques anticipent les effets de l’absence d’accord commercial entre Londres et Bruxelles. Et préconisent la constitution de stocks, notamment en médicaments. Antidépresseurs compris…

Le peuple britannique devra-t-il se prononcer de nouveau? De plus en plus de gens le souhaitent outre-Manche. Que ce soit pour approuver l’acte de divorce, voire pour se poser une autre fois la question de l’appartenance ou non à l’Europe.

Doit-on s’en féliciter? Pourquoi alors ne pas demander au reste des Européens s’ils sont favorables, ou non, à un retour des Anglais ou à un divorce doux?

Après tout, ce sont eux qui, au mieux, ont été ostracisés à des fins de politique intérieure et, au pire, paieront la facture du départ.