Etat de l’Union / Regain d’optimisme

Jacques Hillion / Les années se suivent et se ressemblent peu. Dans son discours sur l’état de l’Union, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a fait preuve d’un optimisme rafraîchissant.

Surtout après la «crise existentielle», un constat dont il n’avait, lui-même, pu s’affranchir il y a douze mois.

Il a donc dessiné un scénario – un sixième après les cinq du Livre blanc de la Commission – qui veut tirer profit d’une «Europe (qui) a le vent en poupe»: «Faisons le maximum pour saisir cette dynamique.»

L’élection de Trump et la victoire des partisans du Brexit avaient étendu le voile noir du populisme sur l’avenir des démocraties occidentales.

L’embellie économique, le recul du chômage, la victoire d’un Macron qui replace l’Europe au centre d’un discours politique national, la lourde défaite annoncée de l’AfD en Allemagne sont autant d’éléments clés.

Ces derniers favorisent la convalescence d’une Europe qui, jusqu’alors, était bien mal en point.

Cette confiance affichée ainsi que la volonté de poursuivre l’intégration économique et de renforcer la force commerciale de l’Union européenne ne peuvent pas, à elles seules, être garantes d’une résurrection européenne.

Notamment parce que deux conceptions de l’Union continuent de s’affronter. En matière de solidarité, comme l’a montré la crise migratoire, ou encore dans la définition même d’une justice indépendante. Sans parler de l’Europe sociale. Si Juncker a appelé à une «autorité commune» pour réguler le marché de l’emploi, c’est parce que c’est sur ce terreau que se nourrissent les principaux opposants à l’UE. Et ce n’est pas la victoire de Macron ni celle, annoncée, de Merkel qui vont les rassurer.