Et vive la com!

Thierry Nelissen / Il est parfois compliqué d’expliquer à un interlocuteur que la communication est à l’information ce que la strychnine est à la gastronomie. Ces quelques lignes n’y suffiront pas, dans un monde où les raconteurs d’histoires (ah, le fameux «story telling»…) la jouent tellement «naturel» que l’on déguste leurs plats sans plus leur trouver de petit arrière-goût fatal. Mettez une femme de chef d’Etat à la une d’un magazine, et voilà les ventes qui explosent. Ajoutez un clebs, et c’est l’orgasme garanti pour le comptable. Tout respect pour les canidés et les caissiers, bien sûr.

La Corée du Nord avait besoin de soigner son image: elle a engagé l’agence Trump. Des mois de campagne électorale, des mois d’imprécations envers la République «populaire démocratique». De quoi rendre jaloux l’Iran, tancé avec la même ardeur. Au lieu d’ignorer l’adversaire potentiel, on l’érige en quasi-rival. Au mépris silencieux, le septuagénaire préfère la confrontation, façon veille du championnat du monde de boxe. Et confirme la tactique quand, après son élection, Kim Jong-un envoie péter tout son arsenal de missiles, et fait le coup de la bombe H.

Aujourd’hui, grâce à ce mauvais climax, tout le monde est convaincu que la Corée du Nord est une puissance nucléaire. Bravo! Et dire que s’il avait engagé une agence de com française au lieu de se reposer sur Trump, le dictateur serait probablement en prison…