Espagne: la traditionnelle bataille de tomates sous haute surveillance

Des milliers de personnes se sont battues à coups de tomates mercredi lors de la fameuse « Tomatina », à Buñol dans l’est de l’Espagne, sous une surveillance renforcée deux semaines après les attentats en Catalogne.

Un total de 740 policiers, pompiers et secouristes, soit environ 5% de plus que l’année dernière, ont veillé sur la bataille, selon la mairie de cette commune à quelques kilomètres de Valence. Des voitures de police s’étaient postées à l’entrée des rues étroites, empêchant tout véhicule de s’introduire dans la masse des milliers de fêtards venus se jeter des tomates à la figure pendant une heure, a constaté un photographe de l’AFP.

« Le dispositif a été renforcé et adapté après les attentats » qui ont causé la mort de 16 personnes à Barcelone et Cambrils, a déclaré devant des journalistes Juan Carlos Moragues, préfet de la région de Valence. Le coup d’envoi de la fête, qui fête son 72e anniversaire et revendique le titre de « plus grande bataille de nourriture au monde », a été donné à 11 heures locales (09h00 GMT).

Pendant une heure, les participants, pour la plupart vêtus d’un simple maillot de bain et de lunettes de natation, se sont envoyé des tomates à la figure, se vautrant dans une épaisse couche de pulpe rouge. Des camions ont livré près de 160 tonnes de « munitions » aux quelque 22.000 participants, dont deux tiers d’étrangers. La commune d’environ 10.000 habitants limite depuis quelques années l’affluence à cette fête qui attire des touristes du monde entier, notamment britanniques, japonais et américains.

La participation à la fête, déclarée d’intérêt touristique national depuis 2002, est payante – 10 euros minimum – pour les touristes, et gratuite pour les résidents de Buñol, afin de limiter le nombre de participants.

La première Tomatina a eu lieu en 1945: une rixe entre habitants lors de la fête du village aurait dégénéré en bataille de tomates sur l’étal d’un marchand de légumes. Son succès a inspiré des événements similaires en Colombie, au Costa Rica, au Chili ou aux États-Unis.