La Plateforme Stop TTIP a fêté à sa manière l’ouverture de la chambre de lecture installée au ministère des Affaires étrangères, où les députés luxembourgeois pourront consulter des documents liées aux négociations du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement – plus connu sous l’abréviation anglaise TTIP.
La plateforme qui regroupe une vingtaine d’associations et l’ONG, de l’ASTM à l’Union syndicale fédérale en passant par le Méco ou l’Initiativ Liewensufank, avait organisé un petit rassemblement pour dénoncer les nombreuses restrictions imposées aux parlementaires pour accéder aux documents.
Ainsi l’utilisation d’appareils électroniques, comme les téléphones mobiles sont interdits, de même pour les programmes électroniques de traduction. Retour aux feuilles et aux crayons pour les députés, qui n’ont pas le droit de se faire accompagner par leurs attachés ou des spécialistes du droit du commerce international. « Nous ne savons pas si le ministère a également prévu de leur retirer les montres, stylos ou autre moyen d’investigation plus sophistiqué » ironise Stop TTIP, qui dénonce une «forme de transparence amputée » et réclame un accès également pour la société civile.
En Allemagne, une telle chambre de lecture fonctionne déjà et les membres du Bundestag, surveillés de près par des employés du ministère chargé de la mise en application, sont limités à deux heures de consultation.
« En fait un débat public transparent reste toujours impossible – à moins que les députés refusent de s’adonner à ce jeu et doivent pratiquement avoir recours à un acte de désobéissance civile en divulguant les éléments essentiels des textes » conclut la prise de position de la Plateforme Stop TTIP. Un appel au TTIP-Leaks ?
Laurence Harf
Lire plus dans Le Jeudi à paraître le 18 février.
(La photo d’archive a été prise lors d’une manifestation anti TTIP organisée le samedi 10 octobre 2015 sur la place Clairfontaine à Luxembourg-Ville ©EDITPRESS/Jean-Claude Ernst)
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