Enquête de la médiatrice de l’UE sur la promotion du bras droit de Juncker

La médiatrice de l’UE a ouvert une enquête sur la promotion éclair et controversée de Martin Selmayr, bras droit du président de la Commission Jean-Claude Juncker, au sommet de l’administration européenne, a-t-elle annoncé dans une lettre rendue publique lundi.

Cette enquête découle de deux plaintes déposées par des eurodéputés néerlandais du groupe Alde (libéraux) et des élus français du groupe Socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, explique Emily O’Reilly dans ce courrier daté du 8 mai.

Elle donne à la Commission jusqu’au 15 juin pour répondre à sept questions sur les conditions de la nomination du chef de cabinet de M. Juncker, l’Allemand Martin Selmayr, au poste de secrétaire général fin février.

« Nous avons reçu la lettre et nous répondrons dans le délai indiqué », a déclaré lundi le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, sans autre commentaire. Mme O’Reilly compte s’appuyer pour son enquête sur l’examen déjà effectué sur le sujet les parlementaires européens, qui avait abouti le 18 avril au vote à une large majorité d’une résolution appelant la Commission à « réévaluer » la promotion de M. Selmayr.

Les eurodéputés avaient comparé cette nomination à « un coup de force à la limite de la légalité », mais n’avaient pas demandé la révocation de l’intéressé. La médiatrice demande notamment à la Commission comment elle réagit à cette qualification et si cette affaire –devenue le « Selmayrgate »– a selon elle « endommagé la confiance » dans l’UE. Elle note également que l’exécutif européen a reconnu « des défaillances » dans sa communication et lui demande quelles mesures il compte prendre « pour améliorer le traitement des questions légitimes et valables posées par les médias ».

M. Selmayr a été promu le 21 février au poste de secrétaire général, poste le plus élevé de l’administration de la Commission, qui n’avait fait l’objet d’aucun affichage. Cette nomination était intervenue quelques secondes seulement après sa désignation à la fonction de secrétaire général adjoint, un poste affiché auquel il avait postulé. Le « transfert » de poste proposé par M. Juncker avait surpris la plupart des commissaires européens présents lors de la réunion de nomination, mais il avait été entériné sans protestations.