Energie / Débat en fuite

Jérôme Quiqueret / Le Grand débat national à peine fini, la France en entame un nouveau. Il concerne cette fois la gestion des déchets nucléaires. Prévu jusqu’au 25 septembre, il n’est ni moins important ni moins biaisé que celui déclenché par le mouvement des gilets jaunes.

Le Luxembourg est peut-être cette fois plus directement concerné, puisque le principal site d’enfouissement envisagé pour les déchets à moyenne et longue vie se situe à moins de deux cents kilomètres à vol d’atome, dans la commune meusienne de Bure. Et que d’une solution dépend l’avenir de la centrale de Cattenom.

Le Grand débat national avait la réintroduction de l’impôt sur la fortune, ce nouveau débat a lui aussi son tabou: l’arrêt de la production de déchets par l’arrêt de la production d’énergie nucléaire. Le débat s’est d’ailleurs ouvert au moment où le gouvernement adoptait un plan programmatique qui prolonge quasiment tous les réacteurs au-delà de l’âge de 50 ans.

Les associations opposées au centre d’enfouissement de Bure (CIGEO) ont décidé de déserter pour ne pas «jouer le jeu d’une pantomime démocratique». Depuis deux ans, les discussions, qui se tiennent au petit tribunal de Bar-le-Duc, ont prouvé qu’on ne reconnaît pas la légitimité de leur combat contre les risques à très long terme de ce projet, en cas d’incendie ou d’explosion de déchets enfouis à 500 mètres sous terre.

La promesse de revaloriser 96% des 1,54 million de tonnes de déchets nucléaires stockés en France, et la réalité du recyclage de seulement 1% de ces déchets n’invite pas plus à l’enthousiasme.