Le Premier ministre visitele patron des patrons
Marc Fassone – mfassone@le-jeudi.lu
Jean-Claude Juncker a visité le site des Chaux de Contern, l’entreprise de Robert Dennewald.
Juré, craché, une visite programmée avant que ne soit connue la tenue d’élections anticipées.
En avril dernier, Jean-Claude Juncker avait manqué la séance académique qui s’était tenue pour célébrer les 90 ans de l’entreprise.
A l’inverse d’Etienne Schneider, grand visiteur d’entreprises depuis son accession au ministère de l’Economie, qui avait alors fait le déplacement.
[cleeng_content id= »129168952″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]Un manque aujourd’hui comblé par une visite de courtoisie qui n’a rien à voir avec les échéances électorales…
Pas question donc de parler politique. La campagne démarre ce 16 septembre et la Fedil attendra le 17 pour convier la presse à un tour d’horizon peut-être un peu plus programmatique que d’habitude.
«Je viens ici parce que l’industrie est importante pour notre pays», s’est contenté de déclarer le Premier ministre. Et il a complimenté Robert Dennewald pour son entreprise. Une entreprise 100% luxembourgeoise, innovante et en pleine expansion.
Pas de politique donc, mais au cours de la visite du site de Contern, la possibilité de se faire une idée des difficultés concrètes des industriels aujourd’hui, notamment en termes d’activité, d’investissements ou de concurrence.
Les Chaux de Contern occupent 14 hectares dédiés à la fabrication de produits en béton pour la Grande Région.
«La zone de commercialisation optimale est de 80 km. Au-delà, avec le coût du transport, on n’est plus compétitifs», précise un ingénieur.
Le site produit, les bonnes années, jusqu’à 320.000 tonnes.
Mais actuellement, on en est plutôt à 280.000 tonnes. La faute à une chute des commandes ainsi qu’à une concurrence étrangère de plus en plus forte. Le chiffre d’affaires oscille au gré de ces fluctuations entre 28 et 32 millions d’euros.
Ce qui n’a pas empêché la société d’investir, ces dernières années, 750.000 euros pour moderniser et automatiser ses lignes de production.
La tête du client
En ce moment, la société Chaux de Contern aménage 8 hectares supplémentaires sur son site, 5,5 hectares au lieu-dit «Leiteschbaach» et 2,5 hectares en phase d’autorisation sur le lieu-dit «Deschtelratt».
Ces surfaces serviront à l’horizon 2014-2015 pour accueillir des immeubles de bureaux ainsi que des halls industriels, logistiques et artisanaux. Pour mener le projet à bien, glisse incidemment Robert Dennewald, il aura fallu 13 ans! 13 années principalement occupées à réunir toutes les autorisations administratives. Et pour les obtenir, il aura même fallu replanter trois hectares de forêts.
Ce qui a fait réagir Jean-Claude Juncker pour qui la simplification administrative est un dossier prioritaire. Une loi est en cours de finalisation, a t-il précisé. Loi dont il espère qu’elle permettra d’accélérer toutes les procédures et surtout de les rendre plus prévisibles tant dans leur issue que dans leurs délais et de ne plus donner le sentiment de varier «en fonction de la tête du client».
Ce n’est pas une promesse, évidemment.
Des visites en voisin, l’adversaire déclaré au poste de Premier ministre, Etienne Schneider, en fait également.
Des visites qu’il mène de façon régulière depuis son accession au ministère de l’Economie, mais dont le rythme s’accélère: Astron Building System le mercredi 4 septembre, (voir par ailleurs en page 20), Koch le lundi 9 septembre, Ceratizit le mercredi 11 septembre (voir en page 22).
Là aussi, pas question de parler politique. On fait œuvre de gestion avisée des dossiers.
En retard lors de sa visite chez Astron à Diekirch, le ministre de l’Economie a glissé un «Je suis désolé pour mon retard. Je suis très pris en ce moment. Et peut-être que j’aurai encore moins de temps après le 20 octobre…». Voilà pour la petite allusion que tout le monde attendait.
Les épées sont encore dans les fourreaux.
A l’index
Durant sa visite, Jean-Claude Juncker a été interrogé par le président de la délégation du personnel de l’entreprise sur le devenir de l’indexation après les élections. Le Premier ministre s’est montré rassurant: le système actuel de modulation – soit une tranche par an maximum – sera maintenu jusqu’à son terme.
Au-delà, le système devra être repensé. Et d’indiquer qu’une des pistes de réforme sera la suppression du tabac, de l’alcool et de l’essence dans le panier servant au calcul du déclenchement de la tranche indiciaire.
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