Emissions de CO2: vers de nouvelles limitations pour l’industrie automobile européenne

La Commission européenne a dévoilé mercredi ses propositions pour réduire les émissions de CO2 du secteur des transports après 2020, demandant à l’industrie automobile une baisse de près d’un tiers en dix ans des rejets des voitures pour répondre aux objectifs climatiques de l’UE.

La Commission veut que pour les voitures et utilitaires, la moyenne des émissions de CO2 recule de 30% d’ici 2030, avec un objectif intermédiaire de -15% en 2025. Ces propositions doivent encore être négociées par les Etats membres et le Parlement européen avant d’être adoptées.

Ces nouvelles restrictions font partie des principales mesures avancées par la Commission mercredi dans son paquet « Mobilité propre », qui poursuit un double objectif: participer au succès des engagements de l’UE au sein de l’accord de Paris pour le climat (-40% d’émissions de CO2 d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990), mais aussi doper le secteur des véhicules propres, considéré comme stratégique. Jusqu’à présent, la réglementation européenne se basait sur des volumes limites d’émission (95 grammes de CO2 par kilomètre, ajusté à la hausse avec la nouvelle réglementation de tests en condition réelle de conduite).

Les initiatives se sont multipliées ces derniers mois, au niveau national ou des grandes métropoles, pour partir à la chasse des véhicules les plus polluants, accompagnant la prise de conscience du grand public et surfant sur la dynamique engrangée par la signature de l’accord de Paris en décembre 2015.

Au sein de l’UE, la pollution de l’air est responsable du décès prématuré d’environ 400.000 personnes par an dans l’UE. Très marquée par le scandale du dieselgate, à la suite duquel les révélations se sont enchainées sur le fossé entre les émissions de gaz polluants déclarées par les constructeurs et celles effectivement produites sur les routes, l’UE cherche aussi a rétablir la crédibilité de son secteur automobile.

Selon l’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA), la flotte automobile européenne en circulation ne comptait en 2015 (derniers chiffres disponibles) que 0,1% de voitures électriques et 0,4% d’hybrides.

Les derniers chiffres des ventes de voitures neuves ne sont qu’un tout petit plus encourageants: sur un an au 2e trimestre les nouvelles immatriculations de voitures hybrides (+61,1%) et électriques (+45,8%) ont certes explosé, mais ne représentent toujours qu’un infime portion des ventes.