Eloge du mouvement/De l’intérêt de reprendre une activité physique

Rachid Kerrou /Invariablement sur le podium des bonnes résolutions de nouvel an, le retour au sport n’estni ringard ni anodin. Il convient juste de s’y préparer.

Certaines attendront peut-être la Journée mondiale du sport féminin, le 24 janvier prochain, pour (re-)prendre le chemin du parcours de santé ou celui de la salle de sport, c’est de bonne guerre. Mais pour la plupart des sédentaires – terme qui désigne ici les individus des deux sexes n’envisageant le sport qu’assis devant la petite lucarne –, l’idée refait souvent surface à deux moments cruciaux de l’année.

Au mois de janvier, au sortir des repas de fêtes, où la frugalité relève encore (hélas!) de l’impolitesse ou du snobisme, et juste avant les vacances d’été, avec le complexe du maillot de bain qui précipite d’un coup le «Je vais bientôt m’y mettre». Peu importe la motivation, l’activité physique, associée à une bonne hygiène alimentaire peut, dans des délais raisonnables, aider chacun de nous à retrouver sa ligne et, plus important encore, nous maintenir durablement en bonne santé.

Si la marche ou le footing à allure raisonnable ne présentent a priori pas de risque sanitaire pour le quadra ou le quinqua en bonne santé, il n’est jamais inutile de procéder à un bilan médical avant la reprise d’une activité régulière. Selon l’activité ou la discipline choisie – la plus plaisante sera la meilleure pour démarrer –, il est indispensable d’avoir recours à un matériel de qualité que l’on choisira plus facilement avec l’aide d’un professionnel en magasin plutôt qu’en le commandant sur une plateforme du web distillant d’élogieux avis d’acheteurs… qui n’émanent pas toujours d’acheteurs. Le bon conseil s’avère tout aussi précieux, et même indispensable, lorsqu’on souhaite débuter des exercices de musculation. Et ces derniers ne doivent en aucun cas être négligés ou apparaître comme l’apanage exclusif de eunots en mal de perfection plastique.

«Après 40 ans, c’est naturel, on observe une perte plus marquée de la masse musculaire, une diminution de la densité osseuse et un ralentissement du métabolisme qui contribue à la prise de masse grasse. Si vos muscles pouvaient parler, ils vous diraient: « Entraînez-nous ou vous nous perdrez! »», explique Jos Horsmans, supervisor fitness chez CK Luxembourg. «Bouger un peu, en jardinant par exemple, ne suffit pas, il faut s’entraîner sérieusement, entretenir sa masse musculaire grâce à des exercices adaptés et un encadrement professionnel diplômé. Si je le pouvais, je prescrirais l’activité physique à tout le monde.»

S’il met volontiers en avant les services de sa chaîne d’établissements, de nombreuses études scientifiques confirment cette perte musculaire de 1 à 2% par an à l’entrée dans la quarantaine. Plus cocasse encore, chaque semaine de repos complet, sans le moindre exercice, tire ce chiffre vers le haut. Inutile pourtant de se jeter à corps perdu et quotidiennement sur tous les appareils de gym de votre salle. «Le surentraînement peut aussi être nocif. Pour ma part, je recommande deux séances hebdomadaires de quarante-cinq minutes bien ciblées et à la bonne intensité.»

En solo ou en groupe, en janvier ou en mai c’est donc toujours le bon moment pour se lancer.