Elections sociales:voter, c’est exister / Spots

Au Luxembourg, les élections sociales ont lieu à deux niveaux: celui des délégations en entreprise le 12 mars prochain, et celui de la Chambre des salariés (CSL), par correspondance, en ce moment même.

Lors des précédents scrutins, c’est le groupe des abstentionnistes qui a gagné ces élections. En 2019, c’est ce groupe-là qu’il faudra battre absolument, si nous voulons qu’après la fin de la crise économique, les fruits de la relance soient partagés équitablement entre tous.

En effet, plus il y aura de votants pour les délégations, plus celles-ci seront représentatives et plus elles pèseront dans les négociations avec les entrepreneurs. Et comme on ne doit de compte qu’à ses électeurs (et pas à ceux qui se sont abstenus), plus il y aura d’électeurs, plus les délégations se sentiront responsables.

Pour l’élection à la CSL, notre «Parlement du travail», tous les salariés et tous les retraités, anciens salariés, ont le droit de vote, qu’ils soient résidents ou frontaliers.

Malheureusement, ce scrutin a également toujours été marqué par un fort taux d’abstention qui a parfois privé la CSL de l’influence qui devrait lui revenir en tant que représentant de plus de 500.000 personnes.

Pourtant, les activités de la CSL devraient intéresser tout le monde: en donnant son avis sur des projets de loi qui concernent le salariat, elle influe sur la législation, elle est le principal acteur sur le plan de la formation continue des salariés et elle est la principale institution qui fait le poids face aux organisations patronales et au gouvernement.

Alors, pourquoi si peu de gens s’intéressent-ils à la CSL?

C’est peut-être parce qu’elle ne s’occupe pas de cas individuels, qu’elle laisse aux syndicats. Du coup, beaucoup de salariés ne se sentent pas concernés par elle.

D’autres, comme souvent les frontaliers, ont du mal à se représenter une telle institution, car il n’existe pas d’équivalent dans leur pays.

Pour se rapprocher de ses électeurs, la CSL pourrait par exemple créer un service d’orientation juridique pour les salariés qui ne remplacerait pas l’action des syndicats, mais qui permettrait à tout un chacun de venir chercher des informations juridiques, qu’il soit syndiqué ou non. En effet, s’il est hautement souhaitable que toutes les personnes qui travaillent soient syndiquées, la réalité est tout autre et il ne faut laisser tomber personne.

Enfin, pour mieux se faire connaître, je me demande si la CSL ne pourrait pas envoyer un courrier d’information à tous ses membres, ou à défaut faire au moins un communiqué de presse, quelque temps avant de prélever la cotisation annuelle obligatoire. Cela permettrait d’expliquer à quoi sert cette cotisation, car quand on paie pour quelque chose, on aime savoir pourquoi.

De cette façon, on rendrait le salariat attentif aux activités de la CSL plus régulièrement, et pas seulement au moment des élections. Et on préparerait bien plus tôt les électeurs à voter.

Pietro Monaco