Egalité /Journée internationale des droits des femmes

Jacques Hillion / La journée de la femme prend une ampleur particulière cette année. Les dénonciations des agressions sexuelles et du harcèlement subis par les femmes à travers, notamment, les mouvements #metoo et #balancetonporc ont été le révélateur non pas seulement des actes – qui, il faut bien le dire, ont toujours été connus à défaut d’être reconnus –, mais surtout de leur ampleur. Non, un Weinstein n’est pas unique, ils sont des milliers à user de leur position de pouvoir. Le constat est amer pour la gent masculine dont, d’ailleurs, le silence par rapport à cette prise de parole fut, lui aussi, révélateur d’un malaise.

Certes, le débat s’est vite déporté sur la liberté d’importuner ou non, de flirter… opposant les actrices attachées à la libération de la parole pour dénoncer les agressions à celles tenantes d’un monde qui vient de prendre un sacré coup de vieux.

La question centrale est moins dans l’opposition entre une forme de puritanisme et la liberté sexuelle que dans l’égalité des sexes.

Une égalité qui peut s’articuler autour d’une troisième voie. Ce que certaines ont appelé la «révolution du désir» ou, pour le moins, l’opportunité de repenser la séduction et les interactions femme-homme. Mais une égalité qui passe aussi, comme le soulignent notamment les instigateurs du mouvement #wetoo, par la solidarité avec ce mouvement féministe et par la dénonciation des rapports de pouvoir qui ne sont finalement que des rapports de force.

Ce dernier élément ramène donc forcément au champ social puisque notre société, aussi bien dans la vie publique et privée que dans les sphères politique, culturelle, sportive ou économique, reste profondément inégalitaire.

Il n’est pas étonnant qu’au Luxembourg, le thème de cette journée de la femme soit, cette année, consacré à la précarité.

Les statistiques le montrent d’année en année, les femmes sont les plus menacées par le risque de pauvreté parce qu’elles forment la plus grande partie des familles monoparentales. En ce sens, les inégalités sociales nourrissent les rapports de domination que les femmes dénoncent quotidiennement, mais plus encore en ce 8 mars.

Les derniers mouvements contre les agressions sexuelles et le harcèlement ne régleront certainement pas les problèmes induits par la société patriarcale. La prise de conscience, en revanche, est là pour nourrir un combat qui se veut tout à la fois quotidien et politique. Et qui, surtout, dépasse la simple dichotomie homme-femme. L’universalisme ou encore l’humanisme portent les germes de cette lutte. L’histoire occidentale a montré que ce n’était pas suffisant, même si elle nous rend conscients que ce chemin de l’égalité est aussi celui de la liberté et qu’il appartient aussi bien aux femmes qu’aux hommes.