Effet mécanique/Du local au national

Olivier Tasch / Les électeurs sont appelés aux urnes ce 8 octobre dans un contexte politique qui reste inédit au niveau national avec un gouvernement sans le CSV.

Evidemment, tout le monde dira en chœur qu’il n’y a pas de leçons à tirer du résultat des communales pour anticiper celui des législatives.

N’en demeure pas moins que l’on peut déjà subodorer un score favorable aux chrétiens-sociaux. Et cela sans boule de cristal. C’est ce que le président de la fraction socialiste nomme «l’effet mécanique». Ainsi, dans les trois communes du pays qui passent du système majoritaire au proportionnel, à savoir Clervaux, Bissen et Troisvierges, le CSV est le seul parti qui présente des listes uniquement constituées de chrétiens-sociaux. A elles seules, elles pourraient déjà permettre d’assurer une dizaine de sièges CSV.

Cet «effet mécanique» avait déjà prévalu en 2011 et sera sans doute visible encore lors de l’échéance de 2023 à Schengen.

Dans ces communes plutôt rurales, le CSV domine autant qu’il est dominé dans les grands centres urbains comme Esch ou Luxembourg, respectivement acquis aux socialistes et aux libéraux. On notera par ailleurs que ceux qui ont gardé le résultat des dernières législatives en travers de la gorge ont déjà fait entendre leur voix lors des européennes et du référendum. Ce sera probablement moins le cas pour les communales. La logique locale est souvent plus fondée sur les personnalités et leur degré de célébrité.

Y aura-t-il par ailleurs une tentation de reproduire le ménage gouvernemental à trois au niveau local? Rien n’est moins sûr. Car dans les communes, toutes les constellations restent possibles et si les majorités sortantes restent viables au soir du 8 octobre, elles seront sans doute confirmées. Même s’il y aura évidemment l’un ou l’autre coup fourré…

Si le CSV sort gagnant de ces communales, l’ambiance presque triomphaliste qui règne chez certains chrétiens-sociaux pour 2018 ne va pas se tasser. Au risque de démobiliser les troupes, craignent ceux qui, dans leurs rangs, restent modestes. Au point même de ne pas souhaiter une victoire éclatante, voire de secrètement espérer une déconvenue sous forme d’avertissement.

D’autant que le CSV ne pourra plus endosser le rôle de victime et que l’amertume du résultat de 2013 devrait encore moins jouer, du moins le gouvernement actuel l’espère…