Economie/Qui perd gagne

Marc Fassone / Un tueur brutal! Voilà comment Donald Trump qualifiait Jean-Claude Juncker. En comparaison avec les «rocket man», «petit gros» ou encore «psychopathe» généreusement attribués par le président américain à Kim Jong-un, on peut estimer que le président de la Commission européenne jouit d’un certain respect à Washington. Il risque d’en avoir bien besoin dans sa mission en territoire américain: éviter une surenchère dans l’actuelle guerre commerciale qui oppose deux blocs alliés – si, si…. Pas gagné…

Trump a une vision bien claire de la situation: «L’Union européenne a été très dure avec les Etats-Unis» en matière de commerce. Et il menace désormais de s’attaquer à l’industrie automobile européenne si Bruxelles… Si quoi d’ailleurs? Face à ses incessantes volte-face, on finit par s’y perdre dans le but poursuivi par le locataire de la Maison-Blanche. La crainte, c’est qu’il se serve de cette rencontre pour ouvrir des contre-feux concernant ses relations avec la Russie et l’industrie pornographique américaine. Sans parler des élections de mi-mandat de novembre prochain. Les ripostes aux attaques commerciales de Trump commencent à se faire sentir. Les agriculteurs américains, majoritairement républicains, estiment avoir subi une perte de revenu de 12 milliards de dollars depuis le début des hostilités. Qu’une généreuse enveloppe fédérale vient de compenser. Au diable le déficit!

Et si le bon interlocuteur n’était finalement pas le président américain, mais son électorat?