Economie/Le début de la fin

Marc Fassone / Et si 2018 était l’année de la fin de la prééminence du dollar, cette monnaie à eux et ce problème à nous?

Cette année, le Trésor américain va devoir refinancer le quart de sa dette! Soit 3.000 milliards de dollars. Ce qui, jusqu’à présent, n’a toujours été qu’une formalité – les USA ayant l’avantage de posséder le marché des emprunts d’Etat le plus vaste et le plus liquide au monde et la monnaie de réserve mondiale – risque de s’avérer problématique. Ce lundi, le Trésor américain a placé pour 179 milliards de dollars d’émissions. Si la demande est toujours là, les taux obtenus sont les plus hauts depuis dix ans!

Les bailleurs de fonds des Etats-Unis s’inquiètent désormais de la capacité du pays à rembourser ses dettes alors que le plan de relance de son président va creuser les déficits. La barre des 1.000 milliards de dollars sera bientôt franchie.

Les Chinois menacent de ne plus acheter d’obligations américaines. Autant pour des raisons financières que politiques. Le problème est qu’ils ne sont potentiellement pas les seuls à y réfléchir. De fait, aujourd’hui, c’est la réserve fédérale américaine qui est le plus gros acheteur de bons du Trésor américain. Autrement dit, la FED doit agir afin de maintenir la confiance dans un dollar que les autres investisseurs lâchent de plus en plus.

Dans ce contexte, les voix de ceux qui promeuvent la mise en place d’un système financier international alternatif – des pays pour la plupart «méfiants» envers les Etats-Unis – vont se faire de plus en plus audibles. La menace est réelle.