Economie / Le TRI sélectif

Alain Ducat / La première livraison par la route de marchandises européennes est bien arrivée en Chine. Un bahut néerlandais chargé de lubrifiants a avalé 7.400 km de bitume en douze jours, par l’Allemagne, la Pologne, la Biélorussie, la Russie, le Kazakhstan. L’Union internationale des transports routiers se rengorge. Dit pouvoir faire mieux, si deux chauffeurs se relayaient. Gagner dix jours sur le train. Et à coûts deux fois moins élevés par rapport à l’aviation.

Mais le rail se défend, en jouant l’atout d’une émission de CO2 réduite. Et en promettant de doubler la quantité de fret transporté d’ici à 2030, par des compagnies ferroviaires compétitives, pour ne pas dire libéralisées.

Tous les lobbys logistiques draguent la fameuse «nouvelle route de la soie», promue tous azimuts par la Chine, moteur mondial qui veut renforcer les échanges intercontinentaux. Comme elle a ratifié la convention des Nations unies sur le TRI (transport routier international), un couloir s’est ouvert en parallèle des voies ferrées.

La sélection s’opère. La stratégie du Luxembourg, plutôt orientée rail, mise sur les connexions directes entre Bettembourg et le puissant partenaire asiatique. En espérant comme tout le monde que la voie sera à double flux.

Rail? Route? Tous les chemins mènent aux Chinois. En soi, le combat de l’économie européenne est peut-être déjà perdu à moins, bien sûr, de changer de logique ou, soyons fous, de promouvoir la consommation locale pour ménager la planète. Mais est-on bien en bonne voie?