Economie / Statistiques fumeuses

Marc Fassone /Eurostat fait le forcing auprès des pays membres de l’UE depuis des années afin qu’ils intègrent dans le calcul de leur PIB les revenus tirés des activités criminelles, le trafic de drogue et la prostitution en tête. Après tout, si l’administration fiscale vous fait obligation de déclarer les revenus tirés de ces activités, pourquoi les statisticiens ne pourraient-ils pas, eux aussi, jouer avec ces chiffres?

La France, qui faisait de la résistance, vient de céder sur la question du trafic de drogue. Ce qui devrait avoir un effet positif sur son PIB et sur son endettement.

Eh oui! La drogue, ça rapporte. En 2014, un certain nombre de pays s’étaient pliés à la demande d’Eurostat. Dont le Luxembourg. Dans une étude de juillet 2014, le Statec chiffrait à 0,23% du PIB l’impact des activités illégales. Principalement la prostitution (pour 0,21%) et la drogue (pour 0,02%). Le poids des activités liées à la fraude fiscale n’était pas pris en compte…

Bien loin de l’Italie où les activités criminelles pesaient alors 10,9% du PIB. Ce qui avait gonflé le PIB et fait baisser le ratio «dette sur PIB» et les déficits publics. L’herbe au service des critères de Maastricht en quelque sorte.

Hélas, il y a des effets pervers. La drogue étant principalement importée dans nos contrées, les chiffres du commerce extérieur risquent de subir un choc. Mais dans les pays où une partie importante de la drogue consommée est produite, les effets seront positifs sur les secteurs de l’agriculture et de la pharmacie. Magie des chiffres…