Economie /Le sax au fonds

Alain Ducat / Que la musique résonne à la fois d’accents historiques et financiers, cela n’arrive pas tous les jours, sans doute.

Henri Selmer Paris, c’est le leader mondial du saxophone, celui qui fournit les plus grands. En fait, manufacture de clarinettes à sa création en 1885, elle s’est aussi mise au saxo dès 1921 avant de reprendre les ateliers du Belge Adolphe Sax en 1929, devenant du même coup légataire universel de l’invention de ce noble et bel instrument.

Particularité de la société Henri Selmer – qui a quelque 500 salariés et affiche en 2017 un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros grâce à près de neuf ventes sur dix réalisées à l’export dans une soixantaine de pays –, elle est demeurée familiale, car les 55 actionnaires représentent les quatrième et cinquième générations de descendants du patriarche fondateur.

Cela devrait changer: la société a entamé une négociation exclusive avec Argos Soditic, un groupe de capital investissement, qui deviendrait l’actionnaire majoritaire, encadré par un noyau familial originel resserré.

Argos Soditic est spécialisé dans la transmission d’entreprises. Et, international, il est établi à Paris, Bruxelles, Francfort, Genève, Milan… et Luxembourg. Une ville de patrimoine, où l’on trouve aussi une société (quasi) anonyme de gestion de patrimoine familial baptisée Selmer.

Bon sang, mais c’est bien sûr! On le savait belge, naturalisé français. Mais le sax serait donc aussi un peu luxembourgeois par certaines notes qui ne manquent pas de souffle.