Economie et politique / Intelligence service

Alain Ducat / Même le Service de renseignement de l’Etat a mis ses montres à l’heure des nouveaux barbouzes… Il a du plomb dans l’aile, l’espion romanesque, propre sur lui, fût-il au service, très secret et donc pas très avouable en tout, de sa Majesté, voire du Bien contre le Mal… Dépassés, 007 et les gadgets de Q, d’aimables jouets à côté des logiciels et autres robots, bien plus redoutables que les satellites ou les infiltrés. «Intelligence service» et intelligence artificielle font bon ménage.

Comme les raisons d’Etat, les cibles et les menaces ont évolué: les secrets industriels, les amis des ennemis désignés, les trop curieux, les pas assez lisses… Et le monde de l’entreprise peut faire office d’agent double. D’un côté, potentielle victime. De l’autre, espace de prospérité par l’innovation dans les technologies et les méthodes.

Quand l’état des affaires peut devenir affaire d’Etat, faut-il s’étonner que le Luxembourg se retrouve sous le feu nourri de questions, quant à la présence sur son sol d’une société d’origine israélienne soupçonnée d’avoir fourni les technologies permettant de pister et d’éliminer le journaliste saoudien Khashoggi, d’aider quelque régime à traquer ses opposants, ou de pirater des réseaux sociaux?

Le Grand-Duché, place internationale, financière, réputée cyberactive et sécurisée, mais accueillante par son économie à vocation spatiale ou technologique, a tout du repaire idéal. Et cela n’est sans doute pas nouveau. Juste facilité par une société de services, plus ou moins secrets.