Economie / Pauvres, comme jobs

Alain Ducat / Le tableau de bord du marché du travail est une vraie mine, de chiffres objectifs bien sûr, à comparer d’une année sur l’autre, et de réflexions aussi.

Le poids de l’emploi intérimaire – 9.500 personnes sous ce statut, fin juin – révèle qu’un nouveau recrutement sur cinq est allé à un(e) intérimaire. Sur plus de 28.600 travailleurs temporaires engagés, 90 ont au final changé de contrat, devenant statistiquement des salariés classiques.

Les secteurs qui embauchent le plus dans l’absolu? Le commerce et la réparation mécanique, les services administratifs et de soutien, les activités scientifiques et techniques ou la construction. Ce sont aussi ceux où les fins de contrat – dont les mises à la retraite – sont les plus nombreuses. Mais le solde reste positif: ces métiers recrutent.

Si la finance et les assurances tiennent une grosse part dans l’emploi salarié total, on y a connu un taux plus important de départs que d’arrivées.

La création nette d’emplois s’avère plus prolifique pour les hommes (8.380) que pour les femmes (5.810). Mais on a créé 3.530 emplois de femme de ménage chez les privés.

Instabilité chez les plus jeunes, difficulté à rebondir pour les quinquas, prégnance des emplois qualifiés inversement proportionnelle à la rotation des effectifs… La richesse d’un tableau tient aussi aux faiblesses qu’il dévoile. Il y a des jobs plus pauvres que d’autres.

Et c’est à ceux-là aussi que doivent s’adresser l’économie et la politique de l’emploi.