Economie / Magie des chiffres

Marc Fassone / C’est officiel: le Luxembourg est la deuxième zone la plus riche d’Europe avec un PIB par habitant qui représente 253% de la moyenne européenne. Soit 2,5 fois. Elle n’est devancée dans ce classement – établi pour 2017 et que l’on doit à Eurostat – que par la région ouest de Londres qui caracole à 626%. Un écart démesuré qui, Brexit aidant, devrait se réduire. Une opulence qui n’empêche cependant pas – et cette fois-ci, c’est le Statec qui l’affirme – que 26,3% des ménages aient des difficultés à boucler leurs fins de mois. Et si ce chiffre a baissé de deux points par rapport au classement précédent datant de 2017, il n’en reste pas moins qu’un quart des ménages ne connaît pas le sens du mot opulence au sens d’Eurostat.

La raison de cet état de fait? La charge financière liée au logement perçue comme insupportable par 69,2% des ménages connaissant des fins de mois difficiles. Soit une progression de quatre points par rapport à 2017. Globalement d’ailleurs, la perception des coûts liés au logement reste à un niveau élevé au Luxembourg.

Habiter au paradis a un coût! Que la croissance permet d’absorber. Que la courbe de cette dernière vienne à s’inverser, le pays pourrait connaître une crise financière – parce que si la plupart des résidents sont propriétaires, c’est à crédit – et sociale sans précédent. Plus que jamais, le logement doit être une priorité pour le gouvernement. La hausse annoncée de 6% des crédits du ministère du Logement va dans le bon sens.

Mais cela pourrait s’avérer insuffisant.