Economie / Liste de Noël

Marc Fassone / Le 5 décembre, la Commission va dévoiler sa nouvelle liste de paradis fiscaux. Une liste que le commissaire Pierre Moscovici veut «ambitieuse mais crédible»». La précision inquiète Oxfam. L’ONG, en pointe dans la lutte contre les dérives de la finance mondialisée, redoute qu’au sein du très opaque groupe «code de conduite» qui doit élaborer la liste, la tentation de protéger certaines juridictions pour des motifs diplomatiques ait droit de cité. Par exemple Hong Kong, Gibraltar ou Jersey. Pour Oxfam, la crédibilité ne sera pas de la partie, l’Europe ayant décidé d’exclure les pays membres en partant du principe qu’ils sont déjà censés obéir aux règles communautaires devenues plus restrictives dernièrement en matière d’optimisation fiscale.

Point donc d’Irlande, de Pays-Bas, de Malte ni de Luxembourg «qui figurent parmi les paradis fiscaux les plus puissants au monde». Hop! Sur la liste de Noël! Encore une pierre dans le jardin du Grand-Duché…

Le Royaume-Uni – sur le départ mais décidément bien actif en Europe comme on vient de le voir avec la question du glyphosate, voir en page 21 – milite, lui, pour que la future liste se focalise plus sur la question de la transparence que sur celle des taux d’imposition réels. Qui baisseront vraisemblablement là-bas, après le Brexit… «Un nivellement par le bas de l’impôt qui ne profite à personne», dit l’ONG. Pour qui l’Europe est le continent où le taux moyen d’imposition des profits des entreprises est le plus faible au monde.

C’est bien connu, le paradis, c’est les autres…