Economie /L’argent du beurre…

Marc Fassone / C’est une nouvelle inattendue: le beurre vient à manquer. Le constat vient des supermarchés français, mais pourrait vite se faire ailleurs en Europe. Un début de pénurie qui inquiète les gourmets ayant les fêtes de fin d’année dans leur collimateur avec leurs traditionnels desserts et autres douceurs. Ce que les professionnels qualifient encore de «difficultés d’approvisionnement» pourrait vite tourner à la pénurie si le consommateur venait à s’inquiéter et à faire des stocks au cas où. On a connu cela avec le sucre en 1974 quand, sur la base d’une rumeur de pénurie bien orchestrée, s’était déroulée une spéculation complètement folle.

Un petit fait divers mais qui tombe à pic alors que le prix Nobel d’économie vient d’être attribué à Richard Thaler, un des pères de la finance comportementale. Pour lui, l’homo-economicus – celui dont toutes les décisions économiques sont frappées au coin du bon sens – n’est qu’un mythe. Les consommateurs agissent plutôt d’une manière incohérente vis-à-vis de la théorie économique. Comment alors prendre au sérieux un système politique, économique et monétaire fondé sur l’hypothèse que le citoyen lambda est totalement rationnel? Vaste débat…

Concentrons-nous sur l’essentiel, le beurre sera bien présent sur nos tables à Noël. Peut-être un petit peu plus cher que de raison. La faute à une explosion de la demande mondiale et au retour en grâce après des années d’ostracisation de la part des nutritionnistes finalement irrationnels.

Le gras, c’est la vie!