Economie /Un drôle de TTIP

Jérôme Quiqueret / Fin avril, alors que l’introduction de tarifs douaniers par les Etats-Unis semblait inéluctable, la Commission européenne caressait l’espoir de dissuader le partenaire américain, en mettant sur la table l’idée d’adopter un accord de libre-échange souple, un TTIP light, qui ne retiendrait du texte tant décrié que la baisse généralisée des tarifs douaniers. Il s’agissait de séduire, en pure perte, le président protectionniste, en passant outre l’opposition à ce texte de millions de citoyens européens. Comme si l’incongruité de multiplier les échanges transatlantiques à l’heure du changement climatique, les destructions d’emplois et l’intensification de la concurrence, n’étaient pas aussi des arguments majeurs opposés par la société civile à l’accord TTIP.

L’un des défenseurs de cette approche était l’incontournable commissaire européen au Budget Günther Oettinger, qui allait, quelques semaines après, dire tout le bien qu’il pense de la démocratie en pariant que les marchés financiers allaient apprendre à bien voter aux Italiens.

Avec le TTI¨P light, le commissaire CDU allait dans le sens des intérêts allemands particulièrement exposés en cas de guerre commerciale. La faiblesse de la réplique proposée le 6 juin par la Commission est aussi à lire comme la marque de ces espoirs déçus. Alors que les USA frappent les biens européens à hauteur de 6,4 milliards d’euros, les représailles n’impacteraient les Etats-Unis qu’à hauteur de 2,8 milliards. Un réflexe démocratique aurait justifié une réponse plus musclée.