Economie /De fruits en déconfitures

Alain Ducat / Les bons chiffres font souvent le miel des communiqués: quand les résultats d’une entreprise sont en amélioration, les annonces sont moins modestes. C’est connu. C’est de la communication de sortie de crise.

Les mauvais bulletins sont moins diffusés. Il existe pourtant un élément statistique récurrent, fourni par Creditreform, un groupe privé spécialisé dans la protection contre des partenaires commerciaux peu fiables, comme on dit. Ce décompte, c’est celui des faillites. Et là, des questions peuvent se poser: le premier semestre 2018 a vu 611 entreprises du pays passer de vie à trépas. Une hausse de 33% d’un coup. A quelques degrés d’une poussée de fièvre.

Les analystes observent des tendances, à l’intérieur de ce qui ne peut être appelé «progression» que par une vue purement mathématique des choses. D’abord, les données du Luxembourg vont plutôt à contre-courant de celles des voisins. Ensuite, les trois quarts des dépôts de bilan viennent de sociétés a priori bien installées, depuis plus de cinq ans. Le secteur des services truste 439 cas irréversibles. On a fermé une centaine de commerces, 35% de plus (la plus forte hausse) qu’à la même période l’année précédente.

Péril en la demeure? Il faudrait mettre en balance les créations d’activités, voire croiser les données, histoire de vérifier s’il y a transfert d’entrepreneurs… ou d’emplois. Car, des juteux fruits de la croissance aux déconfitures, il n’y a parfois que du sucre sur de la casse.